C'est un problème de robinets : d'un côté, des habitants toujours plus nombreux, résidant à 80 % près du littoral, et loin de leur lieu de travail. De l'autre, des autoroutes saturées et qui polluent. Après un demi-siècle de tout-bagnole, Paca a découvert dans les années 1990 qu'il fallait trouver autre chose. Selon l'Insee, en 2004, plus de la moitié des salariés de la région quittaient chaque jour leur commune pour aller travailler. Et encore : le chiffre est sous-estimé, les communes de Paca affichant une superficie deux fois plus élevée que la moyenne.
Voies saturées
Chaque jour, 640 000 personnes se déplacent en Paca pour aller travailler, à plus de 80 % en voiture. Trajet moyen : 25 km, 37 minutes. Un créneau sur lequel le transport en commun pourrait être compétitif. Hélas, longtemps laissé à l'abandon, le réseau ferré régional traîne la patte. La ligne Aix-Marseille, qui vise un marché de 70 000 déplacements par jour, a dû attendre 2009 pour obtenir une deuxième voie. Réseau vieux, multiplication par deux du nombre de rames par la région, gestion en flux tendu par la SNCF : le système ripe. Selon le magazine Ville, rail et transports, Paca était en 2008 dernière en régularité, avec 10 % de rames supprimées. D'où une tendance à attirer un public « captif » : la région, première au classement, affiche en moyenne 102 passagers par TER. Mais la fréquentation n'a augmenté que de 5,5 % d'une année sur l'autre, contre 10,2 % en Rhône-Alpes. Tous les candidats se sont donc emparés du dossier TER. La question s'annonce cruciale : selon l'Insee, la population de Paca pourrait augmenter de 20 % d'ici à 2030.