C'est un début. La première édition de la Journée sans immigrés a rassemblé hier à Marseille près de 250 personnes. L'initiative, lancée dans plusieurs villes françaises, consistait à se « retirer » de la vie économique pour montrer l'apport de l'immigration en France. Si les « retraits » symboliques sont difficilement quantifiables – fermeture de boutiques, pas de consommation… –, les participants s'étaient réunis sur le Vieux-Port, devant la mairie, pour un sit-in convivial.
« Arrêtons avec les clichés »
Dans la foule, Marion, étudiante en communication, joue les femmes-sandwich : côté pile, un panneau « avec moi » et une liste de courses, pour un total de 250 €. Côté face, un panneau « sans moi » avec « zéro euro ». « On a pris les dépenses moyennes mensuelles d'un immigré dans divers domaines : courses, loisirs, transports… Pour montrer que sans eux, c'est zéro euro. Contrairement à certaines idées reçues, l'immigration a un effet positif sur l'économie. » Plus loin, Moungi, électro-mécanicien venu d'Algérie en 1993, a pris un jour de congé pour appeler à une prise de conscience. « On est encore montrés du doigt, estime-t-il. Par exemple, je suis allé dépanner une centrale d'air à l'hôpital, et à mon arrivée, on m'a demandé quand mon chef allait venir. Pourquoi, ça ne peut pas être moi, j'ai pas la bonne couleur ? Arrêtons avec les clichés ! »
« Le message, c'est : tu n'es pas obligé, qui que tu sois, de tout accepter pour que moi je t'accepte », résume Djam Deblues, artiste et porte-voix marseillais de la journée. Si la mobilisation est restée timide, c'est une première étape encourageante, selon lui : « Nous avons mobilisé des gens très différents. On va s'appuyer là-dessus pour faire mieux. » Une réunion de bilan est déjà prévue dans une quinzaine de jours.