Ils ne sont pas contents, mais ils gardent leur bonne humeur. L'ambiance était bon enfant hier devant l'Assemblée nationale, où des élus des Bouches-du-Rhône s'étaient rassemblés pour protester contre la réforme des collectivités territoriales. Conseillers municipaux, maires et adjoints, ils étaient plus d'une centaine, de tous les bords politiques, à être venus dire leur mécontentement face à un projet qui prévoit, d'ici à 2014, la création de « métropoles », configuration dans laquelle les petites communes verraient leurs compétences diminuer. « C'est une loi antirépublicaine, s'insurge une élue de Septèmes-les-Vallons. En voulant supprimer des échelons, on s'éloigne des habitants et de leurs attentes. »
Dominique Perben « méprisant »
Une opinion partagée par tous les élus qui s'étaient déplacés avec l'espoir d'être reçus par Bernard Accoyer, le président (UMP) de l'Assemblée. Celui-ci n'étant pas disponible, c'est finalement Dominique Perben (UMP), le rapporteur du projet de loi, qui a rencontré une délégation de maires. Une entrevue infructueuse : « Il a été méprisant, il nous a écoutés religieusement et n'a pas décroché un seul mot ! », a déploré Roger Meï, le maire PC de Gardanne. En revanche, dans l'après-midi, le député communiste de Seine-Maritime, Jean-Paul Lecoq, qui avait reçu quelques membres de la délégation, a rejoint les manifestants pour les assurer de son soutien. Il a appelé à la mise en place d'une « pétition populaire ». « Lui, il va nous aider », estime Claude Piccirillo, le maire UMP de Saint-Victoret. De quoi mettre du baume aux cœurs au manifestants avant qu'ils ne reprennent le TGV et « quittent la grisaille parisienne ».