Après des années de salariat dans des boutiques «où l'on travaille mais les patrons ne sont jamais contents», Hidaya Himidi est bien heureuse d'avoir monté son business à elle. Depuis juin 2009, elle vend bijoux fantaisie, sacs et accessoires sur les marchés de la région. Une activité qu'elle n'aurait pas pu créer sans le concours de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), spécialisée dans le microcrédit.
Refus des banques
«J'étais interdit bancaire en raison de dettes liées à mes charges familiales», explique Hamida, qui cherchait à obtenir un crédit pour lancer son activité, essuyant à chaque fois le refus des banques. A l'Adie, où l'on prête de 2.500 à 6.000 €, le crédit fonctionne à la confiance. L'équipe de l'association étudie la viabilité du projet et s'assure «que l'endettement n'est pas maladif chez la personne», explique Matthieu Barrier, son directeur régional. Une formule qui fonctionne. «90% des emprunteurs remboursent dans les temps», souligne-t-il. En moyenne, le prêt se situe aux alentours de 3.500 €, avec des mensualités sur dix-huit mois et un taux d'intérêt de 9,71%. L'an dernier, l'Adie a octroyé 800 microcrédits en Paca, dont 146 à Marseille. Outre l'activité de prêt, l'association accompagne aussi les porteurs de projets. Depuis le début de la semaine et jusqu'au 15 mars, ses équipes organisent des ateliers gratuits destinés aux vendeurs ambulants, comme Hidaya. «Il s'agit d'apprendre à mieux présenter son étal, choisir son emplacement, la comptabilité…, indique Matthieu Barrier. On vise les gens qui font de la vente informelle et qui pourraient franchir le cap de la microentreprise.» En mars et en avril, l'Adie proposera des ateliers sur le BTP, puis en mai sur les services à la personne.