Elle aussi a su, à sa façon, profiter de l'essor d'Internet. A Saint-Sébastien-sur-Loire, une discrète entreprise vient d'être été retenue comme «prestataire technique» de l'industrie musicale dans le cadre de la loi Hadopi. Trident Media Guard (TMG) équipera d'un de ses logiciels les employés assermentés de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) et l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) pour détecter les téléchargements illégaux sur les réseaux peer-to-peer.
Une «milice privée»
Après vérification, ils enverront les adresses IP des contrevenants à la Haute Autorité chargée des sanctions. Il n'en fallait pas moins pour que la PME, spécialisée depuis huit ans dans les solutions anti-piratage, soit fustigée par la blogosphère. TMG ne serait rien d'autre qu'une «milice privée» grince ainsi le blogueur Korben. Une «milice» dont l'arme de prédilection demeure la pollution des réseaux P2P par des «leurres», une activité où elle est devenue le leader européen de son marché. Ce qui lui a valu de voir entrer dans son capital le comédien - et surtout producteur de cinéma - Thierry Lhermitte qui a acheté 50.000 euros d'actions. «Thierry est en phase avec ses idées, estime Alain Guislain, fondateur et dirigeant de TMG. C'est un technophile, engagé comme beaucoup de producteurs dans la lutte contre le piratage: quelques milliers de copies illégales d'un film peuvent mettre en péril sa suite.»