les relogés d'arkéma menacés d'expulsion

Les familles se sont retrouvées hier matin devant le commissariat du 10e. Objet de la convocation : une enquête sociale, dans le cadre de leur future expulsion. Une issue qu'elles redoutaient depuis leur installation, en 2005, dans des logements vaca...

Stéphanie Harounyan

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Depuis cinq ans, les familles demandentà signer un bail avec le propriétaire, en vain.

Depuis cinq ans, les familles demandentà signer un bail avec le propriétaire, en vain. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Les familles se sont retrouvées hier matin devant le commissariat du 10e. Objet de la convocation : une enquête sociale, dans le cadre de leur future expulsion. Une issue qu'elles redoutaient depuis leur installation, en 2005, dans des logements vacants du lotissement de La Reynarde, à La Millière (11e), propriété de l'entreprise Arkéma jusqu'au mois dernier.

En février 2005, des militants de la CGT décident d'installer dans des petites maisons vides onze familles en panne de logement. A leur arrivée, les relogés demandent un bail en bonne et due forme à Arkéma, qui les assigne en justice. Le tribunal décide l'expulsion, mais un accord tacite est finalement conclu : aucune intervention des forces de l'ordre, en attendant qu'une solution de relogement soit trouvée. Sauf que fin 2009, Arkéma vend le domaine de La Reynarde à un promoteur immobilier. Si un compromis a été signé pour les salariés de l'usine résidant sur le domaine, les relogés, eux, sont sommés de partir. « On avait un contrat moral de non-intervention quand on était propriétaires, note Guy Lauranson, directeur du site Arkéma. Aujourd'hui, ce n'est plus de notre ressort. » C'est en effet le nouveau propriétaire qui a demandé le concours de la force publique. Pour l'heure, si aucune date n'a été fixée, les familles vivent dans l'angoisse. « Depuis le début, on paye l'électricité, les taxes d'habitation... Je sais bien qu'on n'avait pas de bail, mais il y a des familles en jeu, déplore Zohra. Il faudrait être un peu humain. Je ne vais pas aller sous les ponts. J'ai 57 ans, je ne supporterais pas ! » Comme les autres familles, Zohra a multiplié les demandes de logement social durant cinq ans, sans succès. Même scénario pour Audrey, 28 ans. « J'ai envoyé un paquet comme ça de demandes, mais rien n'a abouti », explique cette mère de deux enfants. Tous réclament simplement un bail, pour pouvoir payer leur loyer dans les règles, ou à défaut une solution de repli. « L'ensemble immobilier doit être complètement réhabilité et il y a largement la place pour que ces familles aient un appartement », relève la CGT chômeurs dans une lettre ouverte à la préfecture. De son côté, cette dernière indique attendre que l'ensemble des enquêtes sociales soient réalisées. « Dès réception, les dossiers seront examinés au cas par cas et dans un souci d'humanité », précise-t-on. W

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