Une forêt d'écharpes tricolores, derrière les traditionnelles barrières métalliques, face à une demi-douzaine de CRS. Hier, près de 200 maires, adjoints et conseillers municipaux des Bouches-du-Rhône se sont rassemblés devant la préfecture pour protester contre le projet de réforme des collectivités locales.
Dans la foule, quelques pancartes et autocollants « Touche pas à ma commune » ou « Allauch ne veut pas disparaître ». Parmi les manifestants, la principale inquiétude n'est pas tant la suppression de la taxe professionnelle que la création d'une « métropole » autour de Marseille. Une majorité d'élus PS, PC ou sans étiquette sont présents. Mais il y a aussi quelques UMP, comme Christian Burle, maire de Peynier. « Nous avons tous les mêmes problèmes, quel que soit notre engagement, estime l'élu. Les élections municipales sont celles où il y a la plus forte participation. Et on voudrait enlever les pouvoirs du maire, notamment la gestion des droits du sol, pour la confier à des mégapoles ? » Le gouvernement et l'UMP répètent que l'adhésion aux métropoles se fera « sur le principe du volontariat », mais les élus rappellent les conditions de création de la communauté urbaine de Marseille, en 2000. « On ne voulait pas y aller, mais le préfet nous a forcé la main, souligne Yves Négrel, adjoint (sans étiquette) au maire d'Allauch. Nous ne sommes pas opposés à l'idée de participer à des grands projets de transports ou à aider Marseille à financer certaines charges de la ville-centre, mais on veut garder notre autonomie de gestion. » Au bout d'un quart d'heure, une délégation ressort de la préfecture. Dans le groupe : deux PS, deux UMP, deux PC. Roger Meï, maire (PC) de Gardanne, tranche : « Ce qu'on nous a dit à la préfecture n'est pas important. Ce qui importe, c'est ce qui va se passer maintenant. » Furibard, Roland Povinelli, maire (PS) d'Allauch, tempête : « En 2007, Sarkozy avait promis de défendre les communes et aujourd'hui, il nous plante un poignard entre les épaules ! On va se battre jusqu'au bout ! » Les maires ont annoncé hier la fermeture de leurs mairies le 25 février et une manif à Paris le même jour, pour réclamer un référendum sur la réforme. W