Le dossier des arbres centenaires du parc Longchamp a entamé son marathon judiciaire. Le tribunal administratif a examiné hier les requêtes de plusieurs dizaines d'habitants opposés à la construction d'un parking sous le parc.
En août 2008, le préfet avait autorisé la société Qpark à construire un parking souterrain de 500 places, sur une emprise du parc où des arbres centenaires classés sont menacés par les travaux. Depuis, les opposants, riverains, écologistes ou simples usagers du parc, faisaient feu de tout bois, attaquant la décision sur la forme et sur le fond. En vain : « Toutes les requêtes ont été rejetées par le rapporteur public, déplore leur avocat, Me Cladeau. On verra la décision de la justice. » Celle-ci est attendue dans « deux semaines », a indiqué le président du tribunal. Le rapporteur public s'est toutefois dit étonné par plusieurs éléments du dossier. Le parc Longchamp a été classé en 1999, en raison de la présence d'arbres remarquables, avant qu'un déclassement de la partie du parc concernée ne soit décidé l'année suivante. De même, la commission des monuments historiques avait rendu un avis négatif sur la construction du parking en 2007, avant d'autoriser le chantier, à une voix près. « La société a retravaillé son projet entre-temps », fait valoir l'avocat de Qpark. Pour les requérants, dépités à la sortie de l'audience, aucun aménagement ne peut convaincre d'accepter un parking à cet endroit. « C'est le patrimoine de tous les Marseillais qui est atteint, estime Alain Perrotey, riverain. Si on commence par Longchamp, qui dit qu'on ne s'attaquera pas à Borély ou à Pastré ? » Les opposants envisagent déjà de faire appel si le tribunal rejette leurs requêtes. W