La droite le voulait, la gauche le fait. L'incinérateur de déchets de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) doit se lancer cette semaine dans un test de la totalité de sa chaîne de traitement, a-t-on appris hier auprès du groupe Urbaser-Valorga, constructeur.
Jusque-là, les essais avaient porté sur certaines parties seulement de la filière, notamment la mise en température des fours. « Les tests vont désormais concerner à la fois le tri des déchets, l'incinération et l'extraction des résidus de combustion », détaille le porte-parole d'Urbaser. Cette phase expérimentale devrait se poursuivre jusqu'au démarrage officiel de l'incinérateur, prévu pour la première semaine de janvier. En vitesse de croisière, il devrait brûler au minimum 250 000 tonnes de déchets par an. A l'agglomération Ouest-Provence, la nouvelle a entraîné un branle-bas de combat. Bernard Granié, président (PS) de l'agglomération, menace de « rappeler en temps utile ses promesses » à ses camarades socialistes qui dirigent MPM. A la veille des régionales, les socialistes de Fos pourraient-ils faire défaut au PS ? L'hypothèse est balayée d'un revers de main par plusieurs socialistes marseillais, qui soulignent les « beaux scores » réalisés par le parti à Fos lors des européennes. Malgré une participation de seulement 33 % des inscrits, le PS avait recueilli 20 % des voix, devançant l'UMP et Europe Ecologie.
De fait, Ouest-Provence dit elle-même miser avant tout sur les recours en justice déposés par les élus ou par des associations. Une demi-douzaine sont toujours en instruction, entre première instance, appel, cassation ou référé. « Je crois sincèrement qu'un de nos contentieux aboutira, et ouvrira une brèche dans le système, capable de le faire exploser », estime Bernard Granié. Le risque est grand cependant qu'une décision bloquant l'incinérateur soit régularisée a posteriori, comme cela a été le cas pour l'autorisation d'exploiter du terminal méthanier de Fos-Cavaou. W