Les éducateurs tirent la sonnette d'alarme

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Publié le 15 décembre 2009.

Débordés. Les éducateurs et personnels des foyers de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de Marseille étaient en grève hier, pour dénoncer leur manque de moyens alors que le nombre de mineurs pris en charge ne cesse d'augmenter. Selon Vincent Massari, de la FSU (Snpes-PJJ), « le nombre de mineurs déferrés après une garde à vue a doublé en un an. En juillet dernier, on en avait déjà autant que sur l'ensemble de 2008. Il y a trois ans, le record de déferrement sur un mois, c'était 38 mineurs, poursuit-il. Aujourd'hui, on en est à 90 par mois, dont une quinzaine qui sont placés ou incarcérés. »

En cause, selon les éducateurs, une politique qui tend plus vers la répression que vers la prévention. Et un appel d'air, « en termes de déferrement et d'incarcération », provoqué par l'ouverture en 2007 de l'établissement pénitentiaire pour mineurs, à la Valentine (11e). « On assiste à une accélération de la délinquance des mineurs, note de son côté Luc Charpentier, directeur départemental de la PJJ. Les délits sont plus graves : il y a beaucoup de violences, trop d'armes. » « Pourquoi faudrait-il que les mineurs échappent à la crise ? », analyse de son côté Vincent Massari. Une surcharge d'autant mal digérée que le gouvernement impose un effort aux services de la PJJ, partout en France. Dans le cadre de la réduction des politiques publiques (RGPP), « on nous demande une réduction du nombre d'emplois publics », concède Luc Charpentier. « C'est pourquoi on a affaire à des éducateurs obligés de faire la cuisine ou qu'on voit encore des véhicules de transport inopérants », peste Vincent Massari. La semaine dernière, l'agression d'un mineur sur un éducateur a mis le feu aux poudres. W

L. B.

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