Vous vous définissez comme une féministe laïque, de confession musulmane mais non pratiquante. Que faites-vousau sein de l'Association pour la grande mosquée de Marseille et du Conseil régional du culte musulman (CRCM) dont vous êtes aussi membre ?
Fatima Orsatelli : On ne peut pas laisser uniquement la place à la gente masculine sur ces questions. Je veux apporter ma contribution à un islam de France, ouvert sur les valeurs de laïcité, de la République. Quand je vois des femmes recouvertes d'une burqa, je me demande : qu'est ce qu'on a fait pour que ces femmes régressent ? Je suis la seule femme cooptée par un CRCM en France, mais il y a d'autres laïcs comme moi dans le bureau de l'Association pour la grande mosquée. Nous voulons qu'elle soit représentative de la mosaïque marseillaise.
Vous dénoncez le mélange qui est fait entre religion, identité, intégration, immigration...
Oui, on surfe, on zappe, on met par exemple immigration et identité nationale au même plan. On occupe l'attention, mais on ne va pas au fond du problème. Ça permet justement de ne pas parler d'intégration, de l'échec des politiques qu'on a mené dans les quartiers, de la discrimination à l'emploi, au logement... Est-ce qu'on va poser la même question aux Corses, aux Auvergnats ou aux Basques ?
Pensez-vous que les religions, les populations se rencontrent plus à Marseille qu'ailleurs ?
Pas aussi souvent qu'à mon goût. Il y a des exemples comme aujourd'hui au Parvis du protestantisme, mais sur le fond, non. Ça se fait encore de manière communautaire, selon des logiques de lobbying politique. W