Développer l'économie, mais pas seulement.
Le Conseil économique et social régional (CESR) doit voter aujourd'hui un rapport sur « la place et le rôle de Paca en Méditerranée à l'horizon 2030 ». Un an de travail, et 150 pages pour souligner le rôle central et moteur que peut avoir la région dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée (UPM), lancée par la France pour faire le lien entre l'Europe et le Sud, pourp eser face à l'Asie et à l'Amérique. De par son emplacement géographique central, ses voies de communication et son réseau d'économie et d'innovation, Paca a une carte à jouer dans ce projet.
« Actuellement, l'UPM est bloquée par le conflit israélo-palestinien, c'est le problème majeur souligné par tous nos interlocuteurs, détaille Josiane Dragoni, rapporteur. Mais on peut malgré tout développer sans attendre des projets concrets. » Pour dépasser l'échec du processus de Barcelone, lancé en 1995 « sur un seul principe de libre-échange », le CESR propose, entre autres, de s'appuyer sur l'année 2013 pour amplifier de manière pérenne les partenariats culturels. Il prône également la création d'un livre d'histoire commun entre la France et les pays du Maghreb, « comme cela a été fait entre la France et l'Allemagne après 1945 ». « Quand nous avons reçu nos homologues algériens, les mots qui revenaient le plus souvent étaient « histoire » et « repentance », note Jean-Paul Viti, président du CESR. Il faut renforcer l'idée que nous partageons une histoire commune. » Pour resserrer ces liens distendus, le conseil plaide aussi en faveur d'un accroissement des échanges scientifiques et universitaires, particulièrement via l'envoi d'étudiants du Nord vers le Sud. Dans l'autre sens, « il faut aussi avoir une véritable politique de migration, pointe Josiane Dragoni. Actuellement, des chercheurs, des artistes ou des hommes d'affaire du Sud ont beaucoup de difficultés à venir en Europe, même ponctuellement pour des déplacements de travail. » W