Révolution annoncée, et enquête judiciaire en cours. Alors que la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) planche sur le passage au tout public pour la collecte de ses déchets (lire ci-dessous), la justice poursuit son enquête sur les conditions d'attribution de certains de ces marchés au privé.
Courant 2009, la police judiciaire est saisie dans le cadre d'une enquête préliminaire sur des soupçons de marchés truqués. En avril, une information judiciaire est ouverte, suivie par Charles Duchaine, de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs). Il confie l'enquête à la section de recherche de la gendarmerie de Marseille. Entre-temps, le magistrat aurait reçu en octobre une lettre anonyme dénonçant des pratiques illégales dans l'attribution des marchés.
Jeudi dernier, les enquêteurs perquisitionnent le domicile d'Alexandre Guérini, frère du président (PS) du conseil général, ainsi que les bureaux de ses deux sociétés spécialisées dans la collecte et le traitement des déchets. Contacté, Alexandre Guérini n'était pas joignable hier. De son côté, MPM disait « ne pas souhaiter commenter » l'enquête en cours. Celle-ci survient alors que la communauté urbaine est en pleine renégociation de ses contrats privés de collecte, qui arrivent à échéance en 2010.
Le président (PS) de MPM, Eugène Caselli, avait suspendu l'appel d'offres en juin, après une première proposition de candidats par la commission des marchés. La seconde proposition de la commission se heurte en octobre à l'opposition des salariés de la société Bronzo, écartée dans cette hypothèse. Ceux-ci bloquent alors les centres de transfert des déchets, paralysant la collecte des ordures dans tout Marseille. MPM temporise, attend six jours avant de déposer un recours en justice contre les grévistes, avant de reculer le soir même, en suspendant de nouveau l'appel d'offres. Eugène Caselli reprend la main trois jours après, en annonçant sa volonté de passer la collecte au tout public. Trop tard : une partie de la droite, Renaud Muselier (UMP) en tête, dénonce « un système douteux, qui crée la suspicion ». Ayant révélé l'existence d'une enquête, Bakchich.info, puis Le Canard Enchaîné, évoquent la possibilité de pressions sur Eugène Caselli. La justice pourrait bientôt trancher le débat. W