Selon la Cimade, une autre délocalisation des audiences du juge des libertés et de la détention dans une salle plus près du centre de rétention administrative du Canet (CRA) serait en préparation. En juin 2006, le tribunal de grande instance s'était déplacé dans l'enceinte du CRA pour statuer sur la prolongation de la rétention administrative. Face à la levée de boucliers des avocats du barreau de Marseille, refusant de voir comparaître leurs clients dans les locaux du Canet et de voir siéger les juges dans un bâtiment du ministère de l'Intérieur, la Cour de cassation avait annulé la procédure en avril 2008. En liaison avec la Cimade, les avocats avaient alors demandé la remise en liberté des étrangers dont la prolongation de la rétention avait été prononcée à l'intérieur du CRA.
Pour Vincent Schneegans, président de la section marseillaise du syndicat des avocats de France, cette collaboration est primordiale. « L'association a un rôle essentiel dans la rédaction des recours parce que les délais sont très cours en rétention », précise-t-il. Mais, selon la Cimade, « seules cinq personnes, pour qui des appels avaient été possibles, ont été remises en liberté. Pour les autres, soit une quarantaine, les requêtes ont été rejetées. » Saisie, la Cour européenne des droits de l'homme n'a pas retenu l'urgence dans certains dossiers, les laissant ainsi réglés sur la forme mais « pendants sur le fond ». A Marseille, une centaine d'avocats sur 1 500 environ s'occupent de la défense des étrangers. W
A. R.