Un dossier plus chaud avec la baisse des températures. Elus, services de l'Etat et une vingtaine d'associations se sont réunis, mardi soir, au local du Samu social, boulevard Ferdinand-de-Lesseps (3e), pour faire le point sur la situation des sans-abri et mettre en place le dispositif hivernal. Cette année, le plan est appliqué quinze jours avant la date habituelle, en raison de la vague de froid qui s'est abattue sur la région.
Actuellement, le département dispose de 3 355 places d'hébergement, dont 2 002 à Marseille, soit un tiers de plus qu'en 2004. Cependant, « il est nécessaire de favoriser la coopération entre tous les protagonistes », souhaite Michel Sappin, préfet de la région. Notamment sur l'organisation des maraudes et la gestion des places d'hébergement. Parallèlement au 115, le logiciel Sahib est ainsi censé faciliter la coordination. Et un site Web permet depuis peu aux associations de visualiser d'un seul clic les places disponibles dans les différents centres d'hébergement de la région. Raoul Viger, président de l'association Raoul Kanazy, s'est dit « choqué par l'autosatisfaction » qui régnait mardi. « Nous sommes en constat d'échec. La précarité touche de plus en plus de personnes. » En 2008, les Restos du coeur ont distribué plus de 2 millions de repas dans les Bouches-du-Rhône, dont 900 000 à Marseille. « C'est 14 % de plus que l'année précédente, pointe Antoine Agudo, trésorier des Restos. Pourtant, nos subventions pour les maraudes ont été diminuées. » Le Secours catholique rejoint Raoul Viger sur ce point : « Soixante pour cent des Français ne sont pas touchés par la crise, ça montre bien que les quarante pour cent restants s'enfoncent davantage. » W
Carole Vinco