Le centre du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) de Cadarache pensait sûrement fêter son 50e anniversaire autrement. Mercredi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a suspendu les travaux de démantèlement d'un atelier de plutonium, à l'arrêt depuis 2003. En cause, la sous-estimation des réserves de plutonium stockées, un incident que l'ASN a qualifié de niveau 2 sur l'échelle de gravité Ines (qui en compte 7).
D'après le (CEA), les dépôts pourraient s'élever à 39 kg. « L'incident n'a eu aucune conséquence », selon l'ASN, qui s'est étonné que le problème, survenu en juin, ne lui ait été communiqué que ces derniers jours. « C'est tout simplement hallucinant », s'est insurgé hier Greenpeace, tandis que le réseau Sortir du nucléaire a accusé les autorités d'être « incapables de contrôler les exploitants ». « L'exigence de transparence doit être absolue », a réagi le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. « Cet incident est inquiétant et grave, analyse Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Criirad. Cela révèle que le CEA est dans l'incapacité de chiffrer de manière précise la quantité de matières fissiles présentes sur le site. Or, le plutonium est la matière nucléaire la plus dangereuse en premier lieu pour les ouvriers qui la manipulent. Les limites de sécurité avec le plutonium se fixent en microgrammes, et là on n'est pas capable de compter des dizaines de kilos ? », s'interroge Chareyron. « Il y a de la part du CEA des insuffisances dans la culture de la sécurité ». Un constat d'autant plus problématique que les projets à Cadarache sont nombreux. W