Pour les rosés, tous les voyants sont au vert : le raisin 2009 s'annonce d'excellente qualité, grâce à un printemps pluvieux puis un été chaud et venteux, et l'année a vu les vignerons remporter la bataille contre la Commission européenne, qui voulait autoriser le rosé « coupé ». Les trois AOC de Provence, qui regroupent plus de 750 producteurs sur 25 000 hectares, produisent en moyenne 140 millions de bouteilles par an, dont 87 % de rosé. Et la consommation est en hausse : les parts de marché du rosé ont doublé en France depuis 1990, atteignant 22 % de la consommation totale de vin. « A un moment, cela va plafonner, assure François Millo, directeur général du conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). Dans l'intervalle, de plus en plus de régions qui font du rouge se mettent au rosé. »
Pour se démarquer de la concurrence, le CIVP veut miser sur la qualité et l'image. « Il n'y pas besoin d'augmenter la surface des vignobles, estime François Millo. En revanche, nous proposons de consacrer des crédits de recherche pour renforcer la formation des producteurs sur le savoir-faire et l'économie du secteur. » Dans cette optique, les vignerons planchent sur la création d'un observatoire mondial du rosé, ainsi que sur des opérations de communication pour promouvoir l'image de leurs vins. L'enjeu est essentiel, notamment à l'export, qui représente 12 % des ventes du CIVP. Le rosé s'est récemment ouvert de nouveaux marchés comme le Brésil, le Québec ou les Etats-Unis, ces derniers étant en forte progression dans leur consommation de rosé. W
F.L.