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Le vol IY 626, parti de Paris lundi matin avec une escale à Marseille puis un changement d'avion à Sanaa (Yémen), était attendu mardi à 1h du matin à Moroni. Une soixantaine de personnes issues de la communauté comorienne de Marseille avaient pris place à bord de l'avion.
Le chagrin laisse la place aux accusations
A Marignane, un salon particulier et une cellule psychologique assurée par le Samu sont mis en place dans le hall 3 de l'aérogare. «Ils sont encore dans le déni du drame», confie Pierre Régis, directeur de l'aéroport. Tous espèrent alors que leurs proches n'ont pas embarqué à l'escale de Sanaa. Mais les visages sombres, sans larmes, emplis de dignité et de pudeur, laissent peu à peu la place à la colère et aux accusations.
«Ils nous mettent dans des avions poubelles et on voit le résultat aujourd'hui», tonne Farid Soilihi, président de l'association «SOS voyages aux Comores». Selon l'association, le drame était prévisible. Car si le vol depuis la France jusqu'au Yémen est assuré par des appareils aux normes européennes, ensuite, c'est un A310 interdit de vol en Europe qui assurait le trajet.
Refus d'embarquer
«Au Yémen, on monte dans ces avions comme si on montait dans un bus. Chacun prend la place qu'il veut. Parfois le toit tombe, les bagages tombent. Ou alors il manque des sièges, des ceintures…», relate Farid Soilihi. Chaque famille se souvient du refus d'embarquer d'un proche, apeuré par l'état de l'avion à Sanaa, d'incidents avec la compagnie et parfois même de maltraitances.
L'association «SOS voyages aux Comores», constituée l'an dernier, avait organisé une manifestation en août 2008 à Marseille réunissant 300 personnes, pour informer sur ces problèmes. Un voyage de membres de l'association a même eu lieu en mars 2009, au Yémen et aux Comores, pour obtenir de la part des gouvernements des assurances sur la sécurité des vols de la compagnie Yemenia. «Nous avions aussi alerté, il y a encore moins d'une semaine, les ministères français des Transports, des Affaires étrangères et de l'Intérieur», indique le président de l'association.
Billet à 1.500 euros
«C'est une crise grave autant pour les Comores que pour la France, car nous sommes français», rappelle Mmadi Fatouma.