Les négociations en ont pris un sacré coup. Lundi 29 juin, une quarantaine d'individus «portant les tenues de travail du port» ont envahi le siège du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), a dénoncé la direction dans un communiqué. Les envahisseurs, «dont certains étaient armés de haches et de barres de fer et revêtus d'une cagoule», précise le texte, auraient débarqué vers 10 h. «Le directeur général, Jean-Claude Terrier, a été directement menacé et a vu son bureau entièrement saccagé.»
En pleine négociation
Cet événement survient en pleine négociation sur le plan stratégique du port, qui prévoit des discussions avec les opérateurs privés susceptibles d'accueillir ses agents et outillages dans le cadre de la réforme portuaire. En jeu notamment, les conditions du transfert de l'activité du terminal conteneur de Mourepiane chez le manutentionnaire Intramar, pour lequel les discussions se sont plus particulièrement concentrées ces dernières semaines. Selon la direction, l'agression est intervenue « une heure après que la direction générale a envoyé aux délégués du syndicat CGT une lettre contenant des propositions positives répondant aux préoccupations du personnel.»
Dépôt de plainte
Des «déclarations diffamatoires », la direction « accusant sans aucune preuve notre organisation», a rétorqué hier la CGT du port. Dans son communiqué, le syndicat « déplore totalement les dégradations matérielles survenues dans la matinée », tout en mettant en cause l'attitude de la direction qu'elle accuse d'«attitute provocatrice. Nous avions pourtant prévenu depuis plusieurs mois de l'exaspération grandissante des salariés, à la suite des discours rendant aléatoire leur avenir, note l'organisation. Et les menaces de transfert systématique, proférées jeudi lors de la dernière réunion par la direction du port ne sont pas de nature à apaiser les tensions sociales.» Une plainte devait être déposée, hier dans la journée, par la direction.