On prend les mêmes et on en recommence. A ceci près : pendant ce temps,
les étrangers placés au centre de rétention administratif (CRA) du Canet (14e) ne bénéficient pas de l'assistance de la Cimade, seule association habilitée à intervenir en ce lieu. A la suite de la décision du juge des référés du tribunal administratif de Paris de suspendre l'exécution du marché public répartissant l'aide en rétention entre six associations, la Cimade devrait réintégrer le CRA « au plus tard lundi ».
« Nous avons tout enlevé, ordinateurs, imprimantes..., il faut maintenant tout réinstaller et cela prend du temps », explique Jean-Pierre Cavalié, délégué régional de l'association. Coïncidence ou pas, une famille originaire du Kosovo avec quatre enfants de 2 à 9 ans, placée au Canet, a été expulsée vers la Hongrie, vendredi « en un temps record », précise le Réseau éducation sans frontières, collectif militant contre l'expulsion des enfants scolarisés. Plus généralement, « nous pouvons plaider la nullité pour défaut d'assurance juridique », estime Vincent Schneegans, président de la section marseillaise du syndicat des avocats de France. Dans la cité phocéenne, une centaine d'avocats sur 1 500 s'occupent de la défense des étrangers, dont une dizaine sont actifs. « La Cimade a un rôle essentiel dans la rédaction des recours parce que les délais sont très cours en rétention : elle a une connaissance intime de ce qui se passe dans le centre et des situations personnelles, on a besoin de ce partenariat », ajoute Vincent Schneegans. Pour la Cimade, « ce travail de fourmi en amont du jugement » serait remis en cause avec l'ouverture à d'autres associations de l'aide aux étrangers. A Marseille, l'association Forum réfugiés devait remplacer la Cimade. « Il n'est pas question d'opposition ou de guerre entre les associations, explique Jean-Pierre Cavalié, mais l'association qui devait prendre la relève ne propose pas d'accompagner les étrangers dans leurs démarches juridiques. » Hier après-midi, une convention entre le ministre de l'Immigration et la Cimade devait être signée pour prolonger de trois mois l'action de cette dernière dans les centres de rétention administratifs. W