Mélissa et Lydie bondissent de leur pupitre pour aller fermer les fenêtres
de la classe et tirer les rideaux. Quelques minutes avant la récréation, une sonnerie vient de retentir, comme une alarme de voiture. « C'est une alerte, alors on va rester attendre ici, explique Fabienne Coudert, leur institutrice. Si vous voulez aller aux toilettes, il ne faut pas aller dans celles des garçons, elles sont en dehors de la zone de confinement. » Hier, la préfecture organisait dans un périmètre de 3 km autour de Cadarache un exercice simulant un incendie avec rejets de fumées radioactives.
Six communes, dont Saint-Paul-lez-Durance, sont soumises au confinement. Dans un joyeux chahut, les enfants de l'école Paul-Caillat s'installent pour accueillir leurs copains de la classe d'à côté. Le petit Benoît interroge un pompier venu expliquer la situation : « - Qu'est-ce qu'il se passe si quelqu'un est dehors ? - Il doit se confiner, comme vous. - Et pour les chiens et les chats, ils risquent de mourir ? - Non, ils risquent d'être irradiés. » De l'autre côté de la Durance, alors que les pompiers luttent toujours contre l'incendie fictif, des équipes mesurent la radioactivité dans les zones balayées par le vent. Masques à gaz et combinaisons scellées par du ruban adhésif, ils inspectent toits, antennes, capots de voiture : les retombées radioactives ont tendance à se fixer sur les métaux. Une trentaine de véhicules et plus d'une centaine d'hommes sont mobilisés pour réaliser les analyses, lutter contre l'incendie, établir des barrages et coordonner les secours. Vers 15 h 30, le feu est éteint, et le confinement levé dans quatre des six communes. Les « analyses » n'ont pas montré de contamination significative. W