L'association Un centre-ville pour tous enfonce le couteau dans la plaie.
« Marseille aménagement est presque une autorité parallèle au conseil municipal, on ne peut plus continuer avec les mêmes acteurs », clame Nourredine Abouakil, l'un de ces membres. Société d'économie mixte en charge de la réhabilitation des quartiers pour le compte de la mairie, Marseille aménagement est montrée du doigt par l'association... mais aussi par son propre président, Philippe Sanmarco.
L'élu municipal (Convention citoyenne), qui avait rallié Jean-Claude Gaudin lors des élections de 2008 et pris la tête de la société, doit démissionner après des désaccords avec le maire. Un conseil d'administration prévu jeudi doit élire un nouveau président. Philippe Sanmarco, comme l'association, pointe la nécessité de faire un bilan de la politique menée par Marseille aménagement dans les périmètres de restauration immobilière (PRI) à Noailles, Belsunce ou au Panier. « On est frappé que des restaurations immobilières qui engagent des frais publics ne donnent jamais le jour à des évaluations », affirme Antoine Richard, membre d'Un centre-ville pour tous. L'association a réalisé sa propre enquête dans le quartier Noailles, le PRI le plus ancien, lancé en 1996. « Sur les 152 immeubles visés par des réhabilitations, rien n'a été fait dans la moitié d'entre eux », analyse Antoine Richard. « La finance est devenue la seule motivation des PRI. Comme les investisseurs ne se bousculent plus, c'est la panne, affirme Nourredine Abouakil. De la panne pourrait découler l'abandon, ce serait catastrophique pour les familles. » W