Les producteurs de rosé voient rouge

0 contributions
Publié le 12 mai 2009.

Cette fois, la coupe est pleine. Les élus du conseil régional

de Provence-Alpes-Côte d'Azur et les acteurs locaux de la viticulture se sont réunis hier afin de défendre le vin rosé. L'attaque vient cette fois-ci de Bruxelles. La Commission européenne s'apprête en effet à valider l'autorisation de la fabrication et la commercialisation dans l'Union de vins dits « rosés », mais en fait issus d'un mélange de rouge et de blanc. Ce vin « de coupage », mélange de 95 % de vin blanc et 5 % de rouge, n'a de commun avec le rosé, qui tire sa particularité de sa macération et de cépages spécifiques, que la couleur.

Jusqu'à présent, ce vin de coupage était autorisé partout dans le monde, sauf en Europe. La fin de cette interdiction constituerait une « catastrophe » pour la Provence viticole et mettrait en péril « l'un des piliers économique de la région », note Michel Vauzelle, le président du conseil régional. Historiquement, la Provence a en effet toujours misé sur le rosé, qui représente 87 % de la production locale (38 % de l'offre nationale) et de 5 000 à 6 000 emplois directs.

Si la décision de Bruxelles se confirme, « de nombreux emplois sont menacés », souligne François Millo, directeur du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP). « Au niveau économique, cela va perturber tout le marché, poursuit-il. A long terme, on va perdre la confiance du consommateur avec ce rosé de contrefaçon. C'est un vin issu d'une production différente, il doit donc s'appeler différemment. » Le problème, selon lui, c'est que l'arrivée en Europe du vin de coupage « est l'occasion de liquider les stocks de blanc » alors que la consommation de rosé, elle, se porte bien. La pression internationale est donc forte.

Pour l'heure, la nouvelle réglementation européenne a été transmise à l'OMC avant d'être soumise au vote à Bruxelles, le 16 juin. Pour influencer ce vote, les producteurs français essaient de se rallier ceux d'autres pays européens, notamment l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, pour obtenir une minorité de blocage. Une pétition a recueilli 30 000 signatures, selon le CIVP. Michel Vauzelle a également proposé hier à la profession d'utiliser son droit de pétition au Parlement européen. W

Stéphanie Harounyan
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr