Le Premier ministre, François Fillon, a donné son feu vert, hier, à la création d'un parc national dans les calanques. Son arrêté de « prise en considération du projet » est paru au journal officiel. En langage non-ministériel, cela signifie que le parc verra effectivement le jour, au plus tôt « entre fin 2010 et début 2011 », indique le Groupement d'intérêt public (GIP) Calanques, chargé de mener le projet de concertation.
Et il va encore falloir s'entendre. François Fillon a validé un périmètre, dans lequel il faut déterminer deux zonages : un « coeur de parc » fixant des exigences réglementaires et une « zone d'adhésion », où les contraintes ne sont qu'incitatives. L'ensemble des règles et objectifs étant réunis dans une charte du parc, qu'il faut aussi rédiger entre élus, habitants, associations ou encore usagers. « Le moment le plus délicat, c'est maintenant, car on va rentrer dans le détail », reconnaît un proche du dossier. « C'est une grande joie, réagit Victor-Hugo Espinosa, responsable d'Ecoforum, qui fédère nombre d'associations environnementales attachées à la préservation du site. La première bonne chose, c'est qu'un parc national est subventionné par l'Etat. On a aujourd'hui 1,3 million de visiteurs par an. Demain, on peut en avoir le double. La différence, c'est que, maintenant, on a les moyens de les accueillir. » Ecoforum se réjouit aussi qu'un comité de scientifique, prévu dans le projet, « puisse apporter une vision globale » sur les enjeux écologiques. Mais le réseau veut rester vigilant. « Le plus grand ennemi des calanques, c'est le permis de construire. Il y a un risque de grignotage. Je veux un coeur de parc le plus large possible », indique Victor-Hugo Espinosa. Les avis divergent, par exemple, sur l'opportunité d'inscrire ou non les noyaux villageois (Goudes, les cabanons de Sormiou, etc.) dans le coeur du parc. D'autres, comme le géologue Michel Villeneuve, regrettent que l'ensemble du massif Allauch-Garlaban, qui s'étend sur les communes d'Aubagne, Carnoux et la Penne, n'ait pas été inclus dans le périmètre global retenu. De son côté, Guy Tessier, président du GIP et maire (UMP) des 9e et 10e arrondissements, a fait part, hier, de sa « grande satisfaction ». Le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, n'avait pas encore réagi hier. W