Pendant que les restaurateurs du cours d'Estiennes-d'Orves dressent leurs tables, en cette fin de matinée ensoleillée, Gilles Dalin, balai à la main, nettoie les pavés à grands coups de javel. Employé par une société privée, comme c'est le cas pour certains arrondissements de Marseille, il est cantonnier dans le quartier depuis deux ans. Aujourd'hui, son costume jaune et bleu fait partie du paysage, pourtant les débuts ont été difficiles. «Quand je suis arrivé, c'était la jungle, raconte-t-il. Certains commerçants cachaient leurs poubelles, d'autres les jetaient à l'entrée du local. Il a fallu longuement répéter les choses, mais aujourd'hui, tout le monde joue le jeu.»
Abritée derrière ses parasols, Patricia Verde termine tranquillement ses bouquets. La fleuriste voit l'arrivée d'une police de la propreté d'un bon oeil. «C'est vrai que les commerçants ont fait des efforts, mais pas les passants. Tous les jours, des chiens viennent faire leurs besoins sur mes plantes. Peut-être qu'en menaçant les gens d'une amende, ils comprendront. J'espère que ça marchera mieux que la première brigade, parce qu'il y a cinq ans, ça n'avait rien changé du tout!»
Claire Meareaninchi, habitante de la rue Sainte, n'aura pas besoin de ce rappel à l'ordre. «J'ai toujours un sac pour ramasser les besoins de mon chien, assure-t-elle. Mais beaucoup de propriétaires ne se sentent pas concernés, cette police pourra les faire réfléchir.»
Les fumeurs risquent eux aussi d'être surpris par les 35 euros d'amende qui les attendent s'ils jettent leurs mégots. «Dehors, c'est le seul endroit où on peut fumer, râle Mohamed El Amine, 27 ans. Au lieu de mettre des amendes, ils feraient mieux de proposer des solutions, comme installer des cendriers publics.» La mesure est justement à l'étude.