Emmaüs France a dénoncé hier l'intervention de la police dans sa communauté de la Pointe-Rouge (8e), après l'interpellation lundi d'un sans-papier hébergé par ses soins. Une perquisition a été menée mardi par la police aux frontières et le responsable du centre a été placé six heures en garde à vue, a précisé Fathi Bouaroua, directeur de la Fondation Abbé-Pierre Marseille. « Il a dû répondre à des questions sur notre mouvement. Ensuite, les policiers l'ont accompagné dans la communauté pour recenser les compagnons sans-papiers », explique Fathi Bouaroua.
Des documents relatifs à la situation des personnes accueillies auraient été saisis. « Le parquet a diligenté cette perquisition, c'est une décision politique », martèle Fathi Bouaroua. Emmaüs France a rappelé hier que ses centres accueillent les personnes les plus démunies, « quelle que soit leur couleur de peau et leur situation administrative ». « Une telle perquisition est de nature à fragiliser gravement ces populations », estime l'association, qui dénonce « une grave atteinte au principe de l'accueil inconditionnel » réaffirmée par Nicolas Sarkozy en octobre. « Quand quelqu'un est à la rue, dans une situation d'urgence et de détresse, on ne va tout de même pas lui demander ses papiers ! », avait déclaré le chef de l'Etat. Le parquet de Marseille refusait hier de communiquer sur cette affaire. ■