Anticiper sur un plan social en cas de vente de l'usine. Des négociations se sont ouvertes mardi entre syndicat et direction de l'usine Atmel à Rousset. Le groupe américain de microélectronique a annoncé au début du mois sa volonté de vendre l'usine, qui fabrique des microprocesseurs. Le groupe a décidé d'investir dans d'autres technologies. « Nous avons à Rousset un chiffre d'affaires de plus de 400 millions de dollars, et un milliard d'euros d'équipements, note Jean Vaylet, directeur de l'usine. C'est un site qui a de la valeur, qui ne perd pas d'argent, donc nous ne sommes pas pressés pour la vente. »
Atmel s'est donné douze mois pour concrétiser la cession. Les syndicats sont pessimistes sur ses chances d'aboutir : « L'usine est viable, mais tout acheteur potentiel va justement se demander pourquoi Atmel vend, souligne Jean-Yves Guerrini, délégué de la CFDT, majoritaire. A moins qu'ils trouvent un acheteur asiatique qui veuille entrer sur le marché européen... » Un cas de figure théoriquement possible : fin janvier, un industriel chinois a ainsi repris l'usine cassidaine des Moteurs Baudouin, après leur dépôt de bilan.
Problème : un repreneur pourrait vouloir réduire la masse salariale. Selon la CFDT, 300 des 1 400 postes de l'usine seraient menacés. « Nous n'avons jamais évalué d'impact en matière d'emploi, assure la direction. Tout dépend de l'éventuel repreneur. » En attendant la vente, les syndicats veulent donc obtenir des garanties de reclassement en cas de plan social. « On a bon espoir d'arriver à un an de salaire quelle que soit l'ancienneté dans l'entreprise, explique Jean-Yves Guerrini. On est sur des métiers très pointus, il faut donc le temps de se former à autre chose pour retrouver un emploi. » Après un bref débrayage vendredi, le travail a repris à l'usine de Rousset. ■■Frédéric Legrand