Purger sa peine, mais autant que possible en dehors de la prison. La direction pénitentiaire de Paca-Corse a annoncé vouloir continuer en 2009 à développer les aménagements de peine pour ses détenus. L'administration présentait hier ses objectifs et son bilan annuels. Depuis 2007, le nombre de détenus bénéficiant d'un placement à l'extérieur, d'une semi-liberté ou d'un bracelet électronique a plus que doublé, passant de 400 à près de 850 personnes.
Ces alternatives à la prison sont possibles pour des peines de moins d'un an, et bientôt moins de deux ans dans le cadre d'une loi actuellement en débat. « Nous voulons proposer ces solutions chaque fois que c'est possible, quand les détenus ont un hébergement, et un travail ou une formation, assure Patrick Mounau, directeur interrégional. Cela réduit le risque de récidive, facilite la réinsertion, et permet au condamné de gagner de l'argent, donc d'indemniser ses victimes. » La pénitentiaire a particulièrement recours au bracelet électronique : 570 personnes en portent actuellement un en Paca et en Corse.
Mais ces solutions alternatives ne concernent encore qu'une minorité des 8 000 personnes écrouées dans la région. Pour les autres, près de 7 500, c'est la détention « classique ». Et là, face à la surpopulation, les syndicats réclament plus de moyens : « Il y a une fuite en avant face à la surpopulation, estime Paul Adjej (CGT). On manque de personnels dans tous les secteurs et dans tous les établissements. » Depuis octobre, les syndicats de la pénitentiaire se sont regroupés en intersyndicale, et obtenu du ministère de la Justice des « audits » de prisons, menés en parallèle par l'administration et les syndicats. « Marseille, Aix et Toulon ont été examinées, mais ça a pris du retard, on n'a pas encore les conclusions sur le nombre de postes nécessaires », peste Charles Margner (Ufap). L'année dernière, Paca-Corse comptait près de 2 600 surveillants, répartis dans 16 prisons. ■