Le chantier avance, à pas lents. Sur l'ancien site Nestlé de Saint-Menet (11e), la société Net Cacao, qui a repris l'activité chocolat abandonnée par le géant de l'agroalimentaire, compte encore ses voisins. Depuis 2006, les vingt hectares du site laissés vacants sont gérés dans le cadre d'une convention de revitalisation, qui lie Nestlé à l'Etat. Selon celle-ci, l'entreprise s'est engagée à créer sur place au minimum 235 emplois, soit ceux supprimés par Nestlé moins les 180 repris par Net Cacao.
Or, presque trois ans après, le groupement de défense du site Nestlé Saint-Menet, qui fédère plusieurs associations, élus et syndicats, dénonce la lenteur des opérations. « Seulement 38 emplois précaires ont été créés sur le site, assurait hier Daniel Amiot, son président. La majorité des entreprises qui se sont installées sont issues du secteur tertiaire, alors que la convention de revitalisation prévoit de privilégier l'emploi industriel. Et dans la plupart des cas, ce ne sont que des délocalisations, souvent de Marseille intra-muros. »
Le groupement s'inquiète aussi de ne pas voir fonctionner le comité de pilotage, qui devait réunir chaque mois les différents acteurs du dossier (élus du secteur, représentants de l'Etat, syndicats, associations, etc.). « Nous avons interpellé le préfet plusieurs fois, sans réponse », déplore Daniel Amiot.
Du côté de la préfecture, on assure qu'il n'y a pas matière à polémiquer. « Les deux bâtiments neufs qui ont été livrés sont quasi pleins. En revanche, les anciens locaux de Nestlé sont encore en travaux et pour l'instant, il n'y a pas de capacité d'accueil. Mais des entreprises ont pris des contacts. Visiblement, il y a de la demande », indique-t-on. Selon l'Etat, le changement récent du prestataire en charge de la revitalisation du site pour Nestlé a relancé la machine. Mais pour l'instant, Goodman, le nouveau maître d'oeuvre, est loin d'avoir atteint les objectifs. « Pour l'instant, on en est à 45 emplois créés », précise la préfecture, qui a établi un « double compteur » entre les postes réellement créés et ceux simplement déplacés : « On fera respecter les termes de la convention. L'Etat et les collectivités tirent tous dans le même sens. Et nous sommes optimistes, le site a des atouts. » ■