Les sacs postaux sont pleins à craquer et les visages détendus. Hier matin, chercheurs et enseignants-chercheurs sont venus poster chacun leur tour plus de 1 500 publications scientifiques à destination de l'Elysée. « Nous souhaitons réagir au discours de Nicolas Sarkozy du 22 janvier. S'il pense qu'on ne travaille pas, il n'a qu'à nous évaluer ! », s'agace Assia, professeur de mathématiques à l'université de Provence.
Craignant une augmentation des frais de scolarité, les étudiants se sont à nouveau joints hier au cortège des manifestants venus protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Parti de la faculté de Saint-Charles, le défilé a rassemblé 900 personnes selon la police et 1 500 selon les organisateurs. Battant le pavé, Assia s'élève contre la « marchandisation de la science » : « A cause de la LRU [loi relative aux libertés et responsabilités des universités], les subventions vont dépendre des résultats des universités. Pour les obtenir, elles vont donc favoriser les pôles les plus rentables. » Une inquiétude partagée par les chercheurs. La loi prévoit désormais que des objectifs leur seront donnés, sur une période limitée à trois ans. « On ne peut pas imposer aux chercheurs ce qu'ils vont trouver, ce sont les aléas de la science ! », souligne Patrick Péruch, du CNRS. ■