Car, fait rarissime, une trentaine d'enseignants ont voté la grève la semaine dernière, pour protester contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Pas la majorité cependant : «En droit, il doit y avoir près de 200 professeurs et maîtres de conférence», note un enseignant non gréviste. Sur trente cours prévus dans la journée, sept ont été annulés.
Au petit matin, les cours ont donc lieu presque normalement, dans les amphis tout neufs du campus de Montperrin. «On n'a pas eu trop d'info, mais il y a des profs grévistes qui font cours quand même, explique Alexandre, étudiant en première année de licence. Avec la neige, on a déjà perdu une semaine, alors ils ne veulent pas prendre plus de retard.» D'autant qu'avec les partiels plus les vacances de Noël, les cours n'ont véritablement repris qu'hier matin, à quelques encablures des vacances de février. Tout le monde turbine donc, presque résignés.
Dans les autres UFR, la mayonnaise prend elle aussi le temps de monter. Mais un peu plus vite quand même : hier, selon les campus, les assemblées générales auraient rassemblé de 200 à 1 500 personnes, d'après l'Unef. Le syndicat étudiant appelle à élargir le mouvement aux suppressions de postes et à la question de la précarité des étudiants.
A l'université de Provence (Aix-Marseille-I), les cours n'ont pas été perturbés hier mais une motion a été votée à l'unanimité par les trois conseils de la fac, exigeant le retrait de la réforme. Les profs ont décidé de pratiquer la rétention des notes. Et envisagent de basculer dans la grève. «Il y a une mobilisation comme on en a rarement vu, estime Bruno Truchet, enseignant et élu Snesup. Ça va s'amplifier dès mardi. On se dirige vers une fac ouverte, mais sans cours.» La fac de lettres d'Aix et les facs de sciences de Saint-Charles et Saint-Jérôme ont voté la grève hier. A Sciences-Po Aix, une assemblée générale devrait décider ce midi des suites du mouvement.