Patrick Devedjian, ministre chargé de la relance, était convié vendredi à Marseille par les élus locaux pour étudier des projets susceptibles d'être aidés par son plan de relance, doté au niveau national de 26 milliards d'euros. Après une visite dans les locaux d'Euromed, un passage sur le port et quelques pas sur la Canebière, le ministre a promis un peu moins de 25 millions d'euros pour les projets marseillais. «L'objectif est d'engager des financements dès le mois de février sur des projets déjà prêts», a indiqué Patrick Devedjian. Avec une condition : que les projets soient lancés en 2009, à la date prévue. «Dès que le délai sera dépassé de trois mois, le projet ne sera plus financé, au profit d'un autre», a assuré le ministre.
Problème, plusieurs des projets marseillais pourraient être retardés et donc perdre le financement obtenu. Le Musée des civilisations d'Europe et de la Méditerranée (Mucem) avec le fort Saint-Jean doivent bénéficier de 6 millions d'euros. Or, un recours auprès du préfet vient d'être déposé par des comités de quartiers et l'Association des jardins portuaires, qui critique à la fois le projet, son coût et la méthode. «Il n'y aura pas de coup de pioche avant 2010, le projet d'aménagement ne nous plaît pas», arbitre Jean-Jacques Guipert, président de la fédération des comités de quartiers du 2e arrondissement, qui envisage de porter l'affaire devant le tribunal administratif.
Autre projet candidat, celui d'une cité universitaire et d'un restaurant étudiant, en lieu et place de l'ex-cinéma UGC de la Canebière. La cité U devait être érigée par un promoteur privé, qui, rattrapé par la crise, se tourne désormais vers les financements publics pour faire naître son projet. Mais le ministre s'est estomaqué sur le coût de l'investissement: «45 000 euros de construction, plus 45.000 euros de rachat foncier, ça fait 90.000 euros la chambre de 21 m2, c'est un record de France! Ça me gêne aux entournures... Il nous reste à travailler», a tranché le ministre, retoquant le dossier.
Michel Vauzelle (PS), président de région, dont l'institution cofinance certains projets, a ironisé sur «un plan de relance qui n'apporte rien de neuf. C'est de l'argent que l'Etat nous doit», a-t-il conclu. %u25A0