Avec cercueil en miniature et couronne de fleurs, une cinquantaine d'éducateurs et de profs ont procédé hier aux « obsèques » symboliques de la justice des mineurs, devant le tribunal de Marseille. A l'appel du syndicat FSU, les personnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) dénoncent le « tour répressif » que prend la justice des enfants, notamment suite au rapport Varinard, qui envisage l'incarcération des mineurs de 12 ans. « De plus en plus, le ministère privilégie le travail en centre éducatif fermé ou en prison pour mineurs, au détriment des foyers », critique Françoise Laroche (FSU). La PJJ envisagerait notamment de fermer un foyer dans les quartiers Nord, et d'ouvrir un centre éducatif fermé.
La situation est tendue dans les Bouches-du-Rhône, alors que la délinquance des mineurs en hausse, surtout à Marseille où ils représentent un quart des personnes interpellées. « Dans le département, les parquets et la police pour enfants mettent l'accent sur la prévention et l'éducation, mais les moyens ne suivent pas, regrette une éducatrice. Un enfant peut devoir attendre six mois à un an avant d'être placé en foyer. » Plus de la moitié des 300 agents PJJ dans le département étaient en grève hier, selon la FSU. Le syndicat a appelé à de nouvelles actions à partir du mois de janvier.