Y-a-t-il eu des éléments supplémentaires apportés par le plaignant ou les explications de la mairie ont-elles été jugées insuffisantes ? La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) a en tout cas décidé de prolonger son enquête dans l'affaire qui oppose Vincent, un jeune comptable, à la mairie des 9e et 10e arrondissements.
Tout a débuté le 19 juin 2007, quand une collègue de bureau de Vincent l'attaque violemment en proférant, selon lui, des insultes homophobes devant témoins. Le jeune homme porte plainte mais sa hiérarchie, jugeant l'affaire privée, décide de ne pas intervenir. Après plusieurs mois de dépression et une mise au placard, une procédure disciplinaire pour « négligences graves » est engagée par la mairie, reprochant tout à coup à son employé jusqu'ici « modèle » d'avoir laissé 250 factures en suspens. Une accusation « fausse et sans preuve » selon l'intéressé qui, après avis de la médecine du travail, est muté dans un autre service et voit son salaire amputé de moitié, soit 500 euros net. « Cette histoire me dépasse, je n'ai rien à me reprocher. Je reste persuadé que c'est ma sexualité qui a posé problème. Avant la dispute, tout allait bien, j'ai même été maintes fois félicité par ma hiérarchie pour mon travail. Elle a ensuite décidé de me faire craquer et a en partie réussi », regrette Vincent, encore aujourd'hui en dépression.
Pour la mairie, le nerf de la guerre, ce sont les factures non traitées, rangeant « l'affaire » des insultes au second plan. « Il a fait des bêtises et cherche à cacher sa faute sous une histoire de propos homophobes. Sa carrière au sein de la ville de Marseille me semble gravement compromise », analyse Nicole Farèse, directrice générale du service administratif au sein de la mairie du 9e-10e. Très touché par la situation et conscient d'être en effet « marqué au fer rouge » au sein de l'administration marseillaise, Vincent souhaite simplement « que justice soit faite pour que cela ne se reproduise plus ailleurs ». La Halde devrait livrer ses conclusions dans les six prochains mois.