En attendant les conclusions des enquêtes sociale et judiciaire, le petit Mohamed, deux ans et demi, voit à nouveau Fatna, sa mère adoptive, et ses quatre autres enfants. Placé en foyer, le petit garçon reçoit tous les jours la visite de sa mère, et une fois par semaine celle de ses frères et soeurs. « Quand il la voit, il s'accroche à elle, il parle un petit peu alors qu'il n'avait pas dit un mot jusqu'à son retour », explique Valérie Picard-Dabée, avocate de Fatna. La jeune femme a été mise en examen la semaine dernière pour « simulation d'enfant » quand des expertises ADN ont prouvé que Mohamed, retrouvé errant début août dans la cité Fonscolombes (3e), n'était pas son fils biologique. L'enfant avait été égaré par la nounou à qui Fatna l'avait confiée avant de partir en Algérie pour l'enterrement de sa tante. Le petit n'ayant pas de passeport, elle n'avait pas pu l'emmener avec elle. Devant les enquêteurs, Fatna a expliqué qu'elle avait recueilli l'enfant à sa naissance, en Algérie, sous le régime juridique de la kefala, tutelle protection non reconnue par le droit français. « L'acte est enregistré devant un juge et comprend le nom de la mère biologique, et celui de deux témoins, assure Me Picard-Dabée. On peut en demander une copie au tribunal en Algérie. » La famille, comme le juge d'instruction chargé de l'affaire, tente actuellement de récupérer un exemplaire du document. Si l'acte de kefala est retrouvé et que les conclusions de l'enquête sociale sont positives, Mohamed devrait être rendu à Fatna. La jeune femme pourrait ensuite entamer une procédure d'adoption ou une demande de tutelle pour régulariser la situation du petit garçon devant la loi française.