Fusil d'assaut en main, des soldats gardent un barrage de rondins. Au loin, des cris résonnent. Une course-poursuite s'engage, un fuyard tombe avant d'être arrêté. Tous ces hommes sont des militaires et participent à l'exercice Spartiate, qui s'est déroulé de mardi jusqu'à hier sur l'île du Levant, au large d'Hyères (Var). Plus de 500 personnes se sont plongées dans un scénario de crise, où tout est fait pour recréer les conditions de stress du terrain. « Cet exercice est régulièrement mené depuis 2004 par la Force d'action navale (FAN) », indique Jean-Christophe Noureau, directeur du site Méditerranée du Centre d'essai de lancement de missiles (CELM). « La nouveauté, c'est la participation de l'armée de terre et d'un consul des Affaires étrangères. »
Pour l'occasion, le Levant est devenu Tamouré, une île fictive où sévit une rébellion, soutenue par sa voisine Taravana. Les forces « azuréennes », jouées par la FAN et le 54e régiment d'artillerie (RA), ont été envoyées pour rapatrier leurs ressortissants. Depuis l'île, les « rebelles » du CELM tirent des répliques d'avions qui attaquent la flotte azuréenne en frôlant la vitesse du son. A terre, le 54e RA réussit à les abattre et sécurise la zone pour évacuer les civils.
Dans un gymnase, ceux-ci patientent, sac de voyage à l'épaule, après avoir été regroupés par le consul. « C'est ce qu'il a fallu faire au Liban en 2006 ou pendant le tsunami en Indonésie en 2005 », assure le consul, Eric Bayer. « C'est long, on a soif. Des gens courent partout, on ignore ce qui se passe », se plaint Isabelle Parienti, « Azuréenne enceinte de six mois ». Après des heures d'attente, elle embarque enfin sur le Sirocco, navire de 168 mètres de long. Une simulation qui a un fort intérêt stratégique. « Paradoxalement, on est habitué à s'entraîner avec les marines étrangères, mais pas avec l'armée de terre. La mer crée une coupure physique », estime le capitaine de vaisseau Rey.