Robert Guédiguian
Cinéaste.
Vous préparez le tournage de votre prochain film, qui se déroulera à Paris. Une infidélité à Marseille ?
Ce film va raconter le destin des vingt-trois résistants du groupe Manouchian, exécutés en 1944. C'est sur les murs de Paris que les nazis avaient placardé la fameuse « affiche rouge », après leur capture.
Le sujet est dur...
Même si mes personnages meurent tous à la fin, L'Armée du Crime sera un film optimiste. Contrairement à Lady Jane, dans lequel j'ai voulu filmer des gens en crise dans un monde en crise.
Tout est sombre dans Lady Jane, y compris Marseille. Votre rapport à la ville a-t-il changé ?
Pas vraiment. J'ai toujours fait des films à Marseille et pas sur Marseille. J'aurais pu raconter Lady Jane à Paris mais Marseille, c'est chez moi, l'endroit où je suis né, ma première langue. Et tourner la plupart de mes films au même endroit me semble être une forme d'engagement. Mes quinze films constituent une archive importante sur la ville, son évolution.
Vous êtes président de la Friche, élément de la candidature pour la capitale européenne de la culture. Marseille a-t-elle ses chances ?
Même si cela sera difficile, Marseille est prête pour un tel événement. Cependant, je pense qu'elle n'est pas une ville de culture au sens académique du terme, car ce n'est pas une ville de riches. Pour moi, la culture de Marseille, c'est avant tout son peuple, son métissage social.