VIDEO. Bouches-du-Rhône: Le contournement de Marseille se concrétise sur fond de polémique

TRANSPORTS Ce dossier ouvert dans les années 1930 va être bientôt clos, après avoir été récemment égratigné dans un reportage de « Complément d’enquête »… 

Mathilde Ceilles

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La rocade L2

La rocade L2 — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

  • La métropole marseillaise et le conseil départemental lancent un plan de 400 millions d’euros pour réduire les embouteillages.
  • Cette annonce se fait quelques jours après un reportage sur France 2, égratignant la ville sur sa gestion des travaux de décongestion.

C’est un dossier ouvert depuis les années 1930 et dont on devrait enfin voir le bout. Après des années de rebondissements et de retards de travaux, le contournement de Marseille serait effectif d’ici quelques mois, ont annoncé les responsables politiques de la ville ce vendredi lors d’une conférence de presse. Pour rappel, ce projet comprend notamment la rocade L2 qui vise à réduire les bouchons dans la ville la plus embouteillée de France avec Paris, en créant un raccordement direct entre l’A51/A7 et l’A50, sans avoir à passer par le centre-ville de Marseille.

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En 2016 avait été ouverte la section Est de la rocade L2. La version nord, et donc l’intégralité de la rocade, seront livrées à l’été 2018, ont annoncé ce vendredi lors d’une conférence de presse le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, la présidente du conseil départemental Martine Vassal et le président du conseil du territoire Marseille Provence Jean Montagnac. L’ensemble doit permettre aux voitures en transit entre Aix-en-Provence et Toulon de ne plus avoir à traverser l’hypercentre, à deux pas de la « Bonne Mère » et du Vieux-Port. La cité phocéenne espère y voir le trafic se réduire de 20 % à 30 %.

Un investissement de 390 millions d’euros

Pour accompagner le mouvement, la métropole marseillaise et le département des Bouches-du-Rhône lance un plan de 390 millions d’euros, pour créer ou requalifier de grands axes routiers, et désengorger d’ici 2020 le centre de la cité phocéenne. Ces aménagements, d’un coût total de 390 millions d’euros, sont financés à 53 %, soit 218 millions, par le conseil départemental, afin de compenser les baisses de dotation de l’Etat selon Martine Vassal.

Un nouvel axe majeur va ainsi être créé : le « boulevard urbain sud », qui doit améliorer d’ici 2022 la desserte en voiture des quartiers sud et du littoral, dépourvus de transports publics lourds. Plus près du centre, deux axes importants mais embouteillés et à la voirie délabrée, le Jarret et le cours Lieutaud, qui croise la Canebière, seront requalifiés, avec arbres et pistes cyclables, denrées rares à Marseille.

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Des retards volontaires ?

Des annonces qui font écho à un récent reportage de Complément d’enquête qui égratignait sérieusement la gestion de ces travaux par la municipalité. En effet, selon un sujet du magazine diffusé le 23 novembre, reprenant une information de nos confrères de Marsactu, la communauté urbaine se serait volontairement engagée à ne pas finir les aménagements sur le boulevard urbain sud avant une certaine date, le tout pour ne pas nuire à la rentabilité du tunnel Prado-Carénage, un tunnel payant et exploité par Vinci et Eiffage qui permet de traverser en quelques minutes la cité phocéenne.

Dans une annexe du contrat de concession d’exploitation de ce tunnel, une clause de paysage stipule ainsi que le boulevard urbain sud ne sera pas exploité avant 2026. Interrogé à ce sujet par 20 Minutes, le maire de Marseille botte en touche. Quand notre confrère de Marsactu prend à son tour la parole pour obtenir une réponse quant à la signature de cette clause d’un ouvrage de PPP, le maire de Marseille préfère justifier le recours aux PPP qui « ne plaît pas à Complément d’enquête ni à Antenne 2 ». Relancé une troisième fois, Jean-Claude Gaudin reste silencieux. Les questions demeurent donc, mais quant à la livraison des aménagements à venir, Martine Vassal l’assure : « Nous serons très à cheval sur les délais. »