• La ville de Marseille cherche des volontaires pour vivre un mois sans leur voiture.
  • Certains Marseillais doutent de la faisabilité de cette expérience.
  • Pourtant, des alternatives à la voiture individuelle existent.

C’est une idée qui pourrait donner des sueurs froides à certains Marseillais. La ville lance le 18 novembre prochain, pour la première fois, une opération« Mobile sans ma voiture ». Le principe ? Cent foyers volontaires acceptent de ne pas utiliser leur voiture pendant près d’un mois, plus exactement entre le 18 novembre et le 16 décembre.

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En contrepartie, les transports en commun sont gratuits pour ces volontaires. La Région fournit également gracieusement aux participants une carte Zou ! 50-75 %. Elle permet notamment de bénéficier de 50 % de réduction sur tous les déplacements en TER, pour un voyageur et trois accompagnants. Les volontaires jouiront de nombreux autres avantages, comme un abonnement gratuit au service d’autopartage Citiz Provence, partenaire de l’opération. Objectif : faire la démonstration que la voiture n’est pas indispensable dans la cité phocéenne, et plus largement dans la Métropole d’Aix-Marseille Provence.

Des volontaires manquent

Mais la municipalité n’a pas encore trouvé les 100 volontaires qui accepteraient de participer à l’expérience, et lance donc un appel à candidature dans un communiqué de presse. Interrogés sur Facebook, certains lecteurs de 20 Minutes ne cachent pas leur scepticisme. « Tout dépend du quartier dans lequel on vit en fait », note Christophe. « Il n’y a pas assez de moyens de transport en dehors du centre-ville », abonde Alain.

La deuxième ville de France compte deux lignes de métro et trois lignes de tramway, essentiellement concentrées dans le centre-ville. Les autres zones sont desservies par des bus, plus ou moins réguliers. « Dur, la ville est trop grande, conclut Jérémy. Mais ceux qui habitent vraiment dans le centre, c’est possible en fonction de là où ils travaillent. »

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« Est-ce possible de circuler à Marseille en voiture ? »

Alors, peut-on se passer de la voiture à Marseille ? « La vraie question est : est-ce possible de circuler à Marseille en voiture ? », rétorque Cyril Pimentel. Le coordinateur du collectif marseillais « Vélos en ville », partenaire de l’opération, s’est séparé de son auto il y a de ça six ans. Arrivé à Marseille il y a quelques années, il y a découvert les joies des nombreux bouchons qui se forment chaque jour dans la cité phocéenne, ville la plus embouteillée de France.

« On n’avance pas. A l’époque, pour aller mon travail, je mettais 20 minutes à vélo, et le double en voiture, le temps de se garer ! Ne plus avoir de voiture, c’est une économie de temps et d’argent. Et depuis, je suis beaucoup plus serein, car quand votre voiture dort dehors, on est toujours inquiet. »

Vélo ou voiture ?

En lieu et place de son ancien bolide, Cyril Pimentel enfourche sa bicyclette pour la majorité de ses déplacements. « Marseille n’est pas faite pour la voiture, assure-t-il. Il y a assez peu de grosses artères, c’est plein de petites rues étroites. Il n’y a pas la place pour des centaines de milliers de véhicules. »

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Sa petite reine le suit partout, y compris pour ses courses dans des zones commerciales éloignées, comme celles de Plan-de-Campagne (plus grosse zone commerciale d’Europe, à une quinzaine de kilomètres de Marseille). « Je vais rarement dans ces endroits-là, car je fréquente les commerces du centre, mais il me fallait un sommier. C’est difficile à trouver dans le centre-ville. Et bien, j’ai pris le TER, puis j’ai fait trois kilomètres à vélo et j’ai demandé au vendeur de me livrer la marchandise. »

L’autopartage pour dépanner

Dans ce cas de figure, il existe une autre piste : l’autopartage. Avec sa quarantaine de stations, réparties essentiellement dans le centre-ville de Marseille, Citiz Provence se pose en moyen de transport « complémentaire aux moyens existants ». Sur les 2.000 utilisateurs que compte la structure, qui connaît une croissance annuelle de 20 %, deux tiers sont des particuliers ayant un besoin occasionnel de la voiture, pour des courses, une sortie ou un week-end. L’autre tiers est constitué de professionnels qui n’ont pas besoin de voiture individuelle dans leur vie quotidienne, mais dont l’activité nécessite un véhicule.

« Il y a deux freins à l’utilisation de l’autopartage, analyse Ludovic Parenty, chargé de développement chez Citiz Provence. Le premier est un frein psychologique : on aimerait pouvoir disposer d’un véhicule là où on veut quand on veut. Mais l’autopartage le permet, puisque nous avons toujours des voitures disponibles, et les stations sont proches. Avec une place garantie ! Et on utilise la voiture individuelle que 5 % du temps… L’autre frein, c’est le manque de visibilité des alternatives à la voiture individuelle. Il y a le vélo, le service de location de voiture électrique Totem… Beaucoup de clients me confient qu’ils ne savaient pas que l’autopartage existait ! » Cette opération « Mobile sans ma voiture » pourra-t-elle y remédier ? Les Marseillais qui veulent sauter le pas peuvent s’inscrire sur www.mobilesansmavoiture.fr avant le 12 novembre.