Marseille: Il faut protéger les calanques, un premier programme européen va s'en occuper

ENVIRONNEMENT Ce programme vise à créer des sentiers littoraux, à éradiquer des espèces invasives et à préserver les espèces les plus vulnérables…

Adrien Max

— 

La calanque de Sormiou à Marseille

La calanque de Sormiou à Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

  • Le programme européen LIFE « Habitats Calanques » durera 5 ans et coûtera près de 4 millions d’euros.
  • Des actions concrètes sont prévues : création de sentier, arrachage d’espèces invasives, protection des espèces les plus vulnérables et sensibilisation du public et des habitants.

Deux millions. Chaque année, le Parc national des Calanques accueille environ deux millions de visiteurs. Une fréquentation qui a forcément des conséquences environnementales sur ce lieu magnifique et sur sa biodiversité. Le programme européen LIFE « Habitats Calanques » vise à préserver ces milieux naturels en stoppant la dégradation des habitats littoraux, en renforçant la présence de certaines espèces protégées et en sensibilisant les visiteurs, et les habitants.

La présentation du programme LIFE «Habitat Calanques».
La présentation du programme LIFE «Habitat Calanques». - Adrien Max / 20 Minutes

Ce programme, d’un montant de 3,9 millions d’euros, sera mené sur une période de cinq ans. Il est financé à 60 % par l’Europe, le reste par des collectivités territoriales et d’autres partenaires associés. « Il s’agit d’un projet emblématique puisque les calanques sont connues mondialement », s’est félicité Alain Dumort, chef de la représentation régionale de la Commission européenne à Marseille.

>> A lire aussi : Face au risque de marée noire en Méditerranée, la Marine se prépare

Plusieurs actions menées

Un projet d’autant plus important que les calanques favorisent le rayonnement de la ville de Marseille, et de la région plus globalement. « Les Jeux olympiques vont attirer beaucoup de monde, ce sera surtout des gens qui aiment la mer avec les épreuves de voiles. On pourra leur dire que nous avons plein de sites naturels dans les alentours et qu’on sait les gérer », se réjouit Didier Réault, directeur du Parc national des Calanques.

Des actions concrètes sont déjà envisagées, comme la création de sentiers littoraux ou des opérations de balisage. « Ce sont des outils de protections afin de drainer les personnes sur un endroit restreint. Les plantes sont très sensibles au piétinement, cela peut leur être immédiatement fatal », explique Denise Bellan-Santini, présidente du conseil scientifique du Parc national. Didier Réault, y voit aussi d’autres fonctions : « Les chemins sont aussi des vecteurs d’animation et ils permettent le développement d’outil d’information. »

La griffe des sorcières.
La griffe des sorcières. - Parc national des Calanques

L’arrachage d’espèce végétale exotique envahissante est aussi l’une des actions majeures, afin de renforcer deux espèces : l’astragale de Marseille et le plantain. « Il y a des plantes dont on pense qu’elles sont d’ici alors que non. Par exemple, les griffes de sorcières sont une espèce envahissante. Il faut les arracher », explique Mireille Benedetti, présidente de l’Agence régionale pour l’environnement (ARPE).

>> A lire aussi : Les mégots sont recyclés et transformés en cendriers en plastique

Sensibiliser les habitants, et les plus jeunes

Pour cela, des jardins privés pilotes – sans aucune espèce végétale exotique envahissante – seront créés. Pour sensibiliser le plus grand nombre sur l’importance de préserver ces milieux naturels, les habitants doivent être les premiers. « Il faut que les habitants puissent redécouvrir ces espaces naturels. Il faut les accompagner et les sensibiliser, surtout les jeunes générations », confirme Mireille Benedetti.

La première action de ce programme LIFE « Habitats Calanques » débutera dès les prochains jours avec l’arrachage de plantes exotiques envahissantes sur les îles du Frioul. Quant au milieu maritime, il devra attendre qu’un programme européen s’y consacre. « Mais beaucoup d’actions y sont menées, en dehors de ce programme », tempère Didier Réault.