• 42 incendies ou départs de feu ont touché les Bouches-du-Rhône cet été.
  • 35 incendies sont d’origines volontaires, sept sont liés à des actes de négligences.
  • Le travail des cellules pluridisciplinaires permet de déterminer l’origine et les causes du feu.

Quarante-deux incendies ou départ de feu. Soit le bilan de l’été 2017 pour le seul département des Bouches-du-Rhône. Un chiffre impressionnant qui traduit des réalités bien différentes. Parmi ces 42 incendies, 35 sont d’origines volontaires tandis que sept sont liés à des actes de négligence.

Ces résultats sont le fruit du travail de cellules pluridisciplinaires d’enquête composées des policiers ou des gendarmes, des pompiers experts des incendies, et des forestiers de l’Office national des forêts. Le préfet de police, Olivier de Mazières, a souligné la qualité du travail mené par ces cellules d’enquête à la suite de l’arrestation de l’auteur de 18 incendies volontaires à Aubagne, le 12 septembre.

>> A lire aussi : Fact-checking: Non, les incendies dans le Sud-Est ne sont pas des «actes terroristes dissimulés»

A la recherche d’indices

« A chaque fois qu’un incendie se déclenche le premier objectif est de trouver les causes pour déterminer s’il s’agit d’une origine accidentelle ou volontaire », explique Marjorie Ghizoli, commissaire divisionnaire et chef de la sûreté départementale des Bouches-du-Rhône. « Ce travail nécessite la participation d’équipes pluridisciplinaire parce qu’il fait appel aux expertises de chacun », ajoute le lieutenant-colonel des pompiers des Bouches-du-Rhône, Nicolas Faure.

Des investigations plus traditionnelles sont ensuite menées par les services de police ou de gendarmerie. « Dans le cas d’incendies criminels d’éventuels indices ou traces peuvent être effacées par l’incendie lui-même, c’est donc un travail colossal », précise Marjorie Ghizoli. Un travail colossal qui a donc permis cet été d’arrêter trois incendiaires volontaires, à Istres, à Aubagne et à Plan-de-Cuques.

>> A lire aussi : Malgré les incendies, le bois calciné conserve une valeur énergétique et économique

Flagrant délit

« Cet été, la particularité c’est qu’un grand nombre d’incendies plus ou moins dramatiques ont été commis par un même individu », explique la commissaire divisionnaire. Des incendies en série à l’origine d’une psychose chez la population de ces villes, d’où l’importance de ces arrestations.

Elles interviennent la plupart du temps en état de flagrant délit. « Puisque la plupart des preuves sont effacées par l’incendie, nous préférons intervenir dans ces cas de figure pour mettre toutes les chances de notre côté », précise-t-elle.

>> A lire aussi : Incendie dans le Sud-Est: Pins parasols calcinés, tortues d'Hermann décimées... La nature va mettre du temps à reprendre ses droits

Mégot et travaux

Le profil de ces incendiaires volontaires peut varier. « Ce sont des personnes fascinées par les pompiers, fascinées par le feu, ou alors qui s’ennuient », détaille Marjorie Ghizoli. Mais il ne faut oublier que sept incendies sont d’origines accidentelles. Le feu de Peynier, où 100 hectares avaient brûlé en juillet a par exemple été causé par les étincelles d’une disqueuse. « Dans la majorité des cas il s’agit soit de mégot de cigarette, soit de travaux dans des zones interdites », précise le lieutenant-colonel.

Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, les gens restent trop négligents comme lors de cette anecdote rapportée par Nicolas Faure : « En rentrant d’intervention sur le feu de Saint-Chamas j’ai vu un automobiliste jeter son mégot par la fenêtre alors que ça venait de brûler tout autour. »