Santé: Du gaz radioactif dans une école maternelle des Hautes-Alpes

ÉCOLE Des taux anormaux de gaz radon ont été détecté dans une école des Hautes-Alpes, où le premier étage a dû être condamné…

Adrien Max

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Premier de rentree scolaire dans une ecole maternelle de Toulouse petits sacs d'ecolier suspendus a un porte manteau.

Premier de rentree scolaire dans une ecole maternelle de Toulouse petits sacs d'ecolier suspendus a un porte manteau. — Alexandre GELEBART/REA

  • Des taux de 1.223 becquerels de gaz radon ont été relevés dans une école maternelle de Saint-Chaffrey dans les Hautes-Alpes.
  • Le premier étage de l’école est condamné en attendant la réalisation de travaux.
  • D’autres communes du département pourraient être touchées.

1.223 becquerels au lieu de 400 par m3. C'est le taux de gaz radon, un gaz radioactif, détecté dans une école maternelle de Saint-Chaffrey, dans les Hautes-Alpes, révélé par le Dauphiné Libéré. Le gaz radon est une émanation naturelle provoquée par le granit, une roche présente dans de nombreux départements français. Le code de santé publique oblige les communes de 31 départements, dont les Hautes-Alpes classées au maximum des risques liés au radon, à procéder à des tests tous les dix ans pour détecter la présence de gaz radioactif dans les lieux publics.

A l’occasion d’un de ces tests réalisés par la commune de Saint-Chaffrey à l’hiver 2015/2016, un taux de 900 becquerels avait été relevé. La mairie avait alors procédé à une « aération quotidienne » et à  l'« isolation des joints au sol », sur les conseils des services de l’Education nationale. Un nouveau test a été réalisé l’hiver dernier, qui a révélé cette fois un taux de 1.223 becquerels, soit le triple ce qui est autorisé.

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Danger grave et imminent

« Au mois de mai dernier nos enfants ont été déplacés du dortoir vers la salle de motricité à cause de la présence du radon. La maîtresse nous a prévenus par mail, c’est la première fois que j’entendais parler de ce gaz », raconte Caroline Delaire, maman d’une élève de maternelle. Elle transmet ces résultats, obtenus à la mairie, et au comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail de l’Éducation nationale, qui fait un signalement de danger grave et imminent.

« J’ai décidé de retirer ma fille de l’école peu après la rentrée, tant que des travaux n’étaient pas entrepris, ou qu’aucun changement n'était fait », explique la maman. « Les conclusions ont été rendues à la fin du mois d’août et la commune doit engager des travaux pour colmater les infiltrations », répond Sophie Avy du service santé et environnement de l’ARS. En attendant, l’Education nationale, responsable de la sécurité des enfants et du personnel, a décidé de condamner tout le premier étage de l’école. Caroline Delaire va re-scolariser sa fille sans avoir vraiment d’autre choix.

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D’autres communes touchées ?

« Les pouvoirs publics avaient connaissance depuis plusieurs mois de ces taux alarmants et personne n’a été prévenu alors qu’il y a une obligation d’information. Des enfants de maternels ont été exposés à ces taux bien trop élevés depuis deux ans », s’insurge Emmanuel Maigret, du syndicat SUD-Education des Hautes-Alpes, et démissionnaire du CHSCT. Condamner un étage ne résoudra pas le problème selon lui. « D’autres salles dans les étages dépassent les 400 becquerels. Vous pensez vraiment que le gaz ne se diffuse pas grâce à des portes fermées alors qu’il traverse la roche ? » s’interroge-t-il.

Si aujourd’hui la situation de Saint-Chaffrey est médiatisée, d’autres communes pourraient être exposées à ces émanations de gaz radon. « Avant l’hiver nous avons rappelé aux mairies leur obligation de procéder à ces tests », explique l’ARS. Sauf que l’agence régionale de santé n'a pas été en mesure de nous fournir la moindre trace des tests des années passées.