• La mort du chat Chevelu avait suscité beaucoup d’émotion partout en France.
  • Les défenseurs des animaux souhaitaient une peine exemplaire qui pourrait faire jurisprudence.

Le tribunal correctionnel de Draguignan ( Var) a condamné Johnny M. à six mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Le tribunal l’a reconnu coupable de la mort du chat Chevelu. L’animal avait été retrouvé mort massacré le 31 mai dans une rue de Draguignan, suscitant la vive émotion des habitants de cette ville varoise, et d’ailleurs.

Valérie a un message à faire passer
Valérie a un message à faire passer - Adrien Max

L’émotion était toujours palpable ce vendredi après-midi. Près de 300 personnes étaient venues manifester devant le tribunal, réclamant une peine exemplaire. Valérie, par exemple, a fait plus de 100 km seule pour venir jusqu’à Draguignan. « Nous voulons que cette décision fasse jurisprudence. Les gens sont prêts à risquer leur vie sur la route pour défendre la cause animale », explique-t-elle.

Un massacre

Dès l’ouverture de l’audience, la cour a pu se rendre compte des proportions prises par cette affaire. « Autant de monde pour un chat ? » pouvait-on entendre dans la bouche d’avocats. La présidente a rappelé les faits, soulignant l’extrême gravité des actes reprochés à l’accusé : « L’autopsie pratiquée sur la dépouille du chat a révélé des lésions graves à la boîte crânienne, des ecchymoses sur tout le corps, des vertèbres retournées et même les yeux sortis des globes oculaires. Un vrai massacre. »

Elle a également évoqué la ruse utilisée par Johnny M. et sa compagne pour tromper les enquêteurs. « Votre compagne a décrit très précisément une bande de plusieurs jeunes qui aurait massacré le chat. Vous-même avez accusé un homme de ce massacre en le jetant sur la place publique. Au vu des réactions sur les réseaux sociaux, c’était une mise à mort. Il aurait pu être lynché. »

Exemplarité

Ce n’est qu’en juillet, au cours d’une garde à vue, que l’accusé avait finalement reconnu avoir assené trois coups de pied au chat, avec des chaussures de sécurité. Devant la cour, Johnny M. a tenté de justifier son acte tant bien que mal : « Le chat venait pisser sur mon scooter, j’ai vu rouge et je l’ai frappé. On m’a retiré ma petite fille, j’étais aussi en colère. »

Des explications qui n’ont pas convaincu les avocats des nombreuses parties civiles composées d’associations de protection des animaux. Ils n’ont pas hésité à rappeler la nécessité d’exemplarité dans le verdict du tribunal. « Le monde attend votre décision » a déclaré l’un des avocats.

C’est bien là qu’est le problème pour la défense : « L’emballement est l’ennemi de la sérénité, là on est dans l’excès. » a rappelé l’avocat de l’accusé, évoquant également l’abandon de son client à l’âge de trois mois et son enfance difficile : il a été placé jusqu’à ses 18 ans.

Peine plus lourde

La tribunal a reconnu que Johnny M. était en récidive, il avait été condamné pour avoir laissé mourir de faim et de soif son chien, et l’a condamné à six mois de prison ferme, avec mandat de dépôt et interdiction de détenir des animaux. Il risquait jusqu’à quatre ans d’emprisonnement. Maître Isabelle Terrin, avocate d’une association de défense des animaux, s’est félicitée de cette décision avec les 300 personnes devant le tribunal. « C’est un symbole, cette décision peut désormais faire jurisprudence. Les gens savent qu’ils risquent la prison ferme s’ils violentent des animaux », s’est-elle félicitée.

Arielle Moreau, avocate de l’association One Voice, pour la défense des animaux, regrette le spectacle donné par Isabelle Terrin lors de l’audience. « Si elle n’avait pas fait son show on aurait pu obtenir une peine plus lourde. La défense s’est servie de ses arguments contre nous. » Pour Isabelle Terrin, le plus important est que Johnny M. dorme ce soir en prison.