Marseille: Forte mobilisation contre la réforme du Code du travail

MANIFESTATION La manifestation contre la réforme du Code du travail, qui a vu défiler Jean-Luc Mélenchon, est une réussite pour les représentants syndicaux…

Adrien Max

— 

Jean-Luc Mélenchon lors la manifestation contre la reforme du Code du travail à Marseille, le 12 septembre 2017

Jean-Luc Mélenchon lors la manifestation contre la reforme du Code du travail à Marseille, le 12 septembre 2017 — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

  • Jean-Luc Mélenchon a promis de faire reculer Emmanuel Macron sur la réforme du Code du travail.
  • Les représentants syndicaux estiment que la mobilisation est aussi importante que pour les plus grosses manifestations de 2016.

Sept mille cinq cents selon la police, 60 000 selon la CGT. Les traditionnels écarts de chiffres n’ont pas échappé à la règle en cette rentrée sociale, encore moins à Marseille (Bouches-du-Rhône). Ils étaient en tout cas très nombreux à répondre à l’appel de la CGT, Solidaires et FSU pour s’opposer à la réforme du Code du travail d’Emmanuel Macron.  Jean-Luc Mélenchon est venu saluer la tête du cortège à son arrivée.

A peine avait-il pointé le bout de son nez qu’une horde de journalistes lui a sauté dessus pour recueillir ses impressions, lors de ce premier rendez-vous social depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon a promis de « faire reculer » le président sur sa réforme du droit du travail.

>> A lire aussi : Le controversé projet de loi antiterroriste revient à l’Assemblée nationale

Au niveau de 2016

« Nous ne sommes pas en train de faire des barouds d’honneur, mais d’organiser une défense implacable du Code du travail », a-t-il déclaré. « Ce qui va être la surprise, c’est qu’il va finir par céder, ce pays ne veut pas du monde libéral. Ici, c’est la France, c’est pas l’Angleterre », a-t-il ajouté.

Il a fini par rejoindre les militants de La France insoumise, positionnés en fin de cortège. En tête, Olivier Mateu, secrétaire général de l’union départementale de la CGT dans les Bouches-du-Rhône, s’est montré satisfait d’une telle mobilisation : « Pour une première manifestation de rentrée, c’est d'un très bon niveau. On atteint celui des plus grosses manifestations de 2016. » Pour lui, les Français ont de multiples raisons de manifester. « La réforme du Code du travail est une remise en cause de tous les acquis sociaux. Cette année encore, les patrons du CAC 40 vont se partager un butin toujours plus important », dénonce-t-il.

>> A lire aussi : Réforme du Code du travail, les cinq mesures combattues ce mardi par les manifestants

Un avertissement

François, 35 ans, est fonctionnaire dans la protection judiciaire de la jeunesse. Il est aussi représentant syndical de la CGT. Lui aussi était déjà présent pour les manifestations à l’automne 2016, et, pour lui, la mobilisation de ce mardi est aussi importante que les plus grosses de 2016. En manifestant, il souhaite avertir le président. « On ne va pas s’incliner devant son processus antidémocratique. En 2016, c’était le 49-3, aujourd'hui ce sont les ordonnances. Il ne peut pas nous imposer de telles réformes alors qu’à peine 20 % de la population a voté pour lui », prévient-il.

Quelques incidents ont éclaté à la fin de la manifestation, des militants antifascistes ont renversé des poubelles et jeté des pétards en direction des policiers. La CGT a d’ores et déjà prévu une nouvelle journée d’action le 21 septembre prochain contre la réforme du Code du travail, en espérant une mobilisation encore plus importante. Ils espèrent ainsi maintenir la pression sur le président. Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis défileront, eux, le 23 septembre contre le « coup d’État social » d’Emmanuel Macron.