Autour de la petite table installée face à la mer, quai des Belges, les mamans se pressent de remplir les formulaires. Le comité chômeurs CGT organisait hier sur le Vieux-Port une permanence pour aider les familles mal logées à constituer leur dossier Dalo (droit au logement opposable). « A chaque permanence, on voit au moins une vingtaine de familles, explique Ouda, du comité chômeurs. Elles croient vraiment au dispositif Dalo. On leur explique que ce n'est pas si simple, qu'il faut quand même un rapport de forces. » La CGT a déjà déposé 200 dossiers à la commission départementale Dalo. Et plus de 300 ont été retirés en préfecture depuis le début de l'année. L'Etat estime à 5 000 le nombre de personnes à reloger en priorité dans le département. La tâche s'annonce difficile, car les communes renâclent à construire du logement très social, voire du logement social tout court.
Dans le palmarès des communes ne respectant pas leurs objectifs de construction de HLM, publié hier par la Fondation Abbé Pierre, on retrouve « surtout des communes de Paca et d'Ile-de-France », note la fondation. Sauf que plusieurs villes d'Ile-de-France, parmi lesquelles Paris, ont réussi à dépasser leurs objectifs. Ce qui n'est le cas pour aucune commune de Paca, selon la fondation. Dans le département, celle-ci épingle notamment Barbentane et Allauch (aucun HLM financé entre 2002 et 2006), La Bouilladisse et Marignane (moins de 30 % de l'objectif) ainsi qu'Aix (pas assez de HLM « très sociaux »). Marseille et Arles, en revanche, affichent des réalisations « tout à fait significatives ».