Marseille: Sur les traces du fourgon qui a tué une personne en fonçant sur deux abribus

REPORTAGE « 20 Minutes » a suivi l’itinéraire du chauffard qui a tué une femme et blessé une autre ce lundi matin à Marseille…

A Marseille, Adrien Max, Jean Saint-Marc

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La police scientifique fait des relevés à La Valentine, où le chauffard a tué une piétonne.

La police scientifique fait des relevés à La Valentine, où le chauffard a tué une piétonne. — B. Horvat / AFP

  • De nombreux policiers ont été mobilisés pour arrêter cet homme de 35 ans, suivi pour des troubles psychiatriques.
  • Ils étaient également nombreux sur les lieux du drame, pour les constatations techniques et scientifiques.

« Ah, c’est ici ? » A Val Plan, à la Valentine ou sur le Vieux-Port, cette même réaction. Celle de Marseillais étonnés qu’un drame se soit joué près de chez eux, presque sous leur nez. Là où ils prennent le bus pour partir travailler, là où ils font leurs courses, là où ils font la fête. Ce lundi matin, un chauffard a foncé à deux reprises sur des abribus, faisant un mort et un blessé. La piste de l’attentat terroriste a été rapidement écartée : l’homme recevait des soins psychiatriques. 20 Minutes retrace son itinéraire.

  • Cité Val Plan : une femme blessée, au pied d’une cité des quartiers Nord.

Le trottoir est assez haut, il y a des arbres à proximité, mais cela n’a pas freiné le chauffard. Entre 8h30 et 9h30, il a d’abord foncé sur un abribus situé au pied de la Cité Val Plan, dans les quartiers Nord. Une femme est fauchée. Quatre heures après les faits, la scène a déjà été nettoyée : une des vitres de l’abribus est brisée, mais les éclats ont été ramassés. Une caméra de vidéosurveillance est installée en face de l’arrêt. C’est grâce à ces images que les policiers ont rapidement interpellé le chauffard.

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Christiane habite juste au-dessus. « J’ai été réveillée par les policiers, raconte cette quinquagénaire un peu perturbée par le drame. Mais je n’ai rien entendu, je dormais. » Elle s’inquiète : « C’est qui, ce type ? J’espère que ce n’est pas quelqu’un de la cité… »

  • La Valentine : une femme tuée en face d’un KFC.

Nous sommes à sept kilomètres de la Cité Val Plan, à moins d’un quart d’heure de voiture, mais l’environnement est tout autre. La Valentine est une immense zone commerciale. L’arrêt de bus Peintres Roux La Valentine se situe devant un KFC, tout près d’un Ikea. Là encore, la vitre de l’abribus est brisée. Le chauffard est sans doute monté sur le trottoir. « J’ai entendu un gros boum, j’ai cru à un accident bénin, mais après, j’ai vu la camionnette partir à fond, raconte à l’AFP un employé du restaurant. Ses pneus crissaient. » Il a également vu le corps inerte de la victime, une femme de 42 ans. Elle a succombé à ses blessures.

Quelques minutes plus tard, son manager éconduit les journalistes hors du restaurant : « On a déjà perdu assez de temps ce matin ! » Jusqu’à 12h30, un important dispositif policier était déployé sur place. Les enquêteurs de la police scientifique font leurs relevés sous les yeux des badauds, coincés dans les bouchons. Un automobiliste s’énerve contre un piéton : « Espèce de vieux con, dépêche-toi de traverser ! » Réponse immédiate : « Calme-toi, y a des flics partout ! » Une automobiliste nous prend à partie : « C’est ici, l’attentat ? » On lui répond qu’il est beaucoup trop tôt pour utiliser ce terme. Quelques minutes plus tard, le procureur de la République exclura cette piste : « Il n’y a aucun élément permettant en l’état de qualifier cet acte d’acte terroriste. »

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    • Vieux-Port : une interpellation rapide, sans violence.

    C’est à la sortie du tunnel du Vieux-Port que le suspect est finalement interpellé par une patrouille de la BAC, au niveau de la rampe Saint-Maurice qui mène vers le Vieux-Port. Pierre Magliozzi, plaisancier, était en train de bricoler sur son bateau. Il raconte à l’AFP : « J’ai entendu un homme hurler : “Sors du véhicule !” J’ai levé la tête et j’ai vu un policier en civil avec une très grosse arme. Il y a eu deux ou trois minutes de flottement, poursuit-il, et l’homme est sorti du véhicule, il s’est débattu. Il n’était pas armé. »

    Le quai de Rive Neuve, où se succèdent bars et restaurants, est alors immédiatement bouclé par un important dispositif de sécurité. « Au moment de l’interpellation, le quai était bondé de monde », raconte un policier. Une heure après l’interpellation, il ne reste plus que quelques curieux qui s’affairent derrière les rubalises pour essayer d’apercevoir le Renault Master du suspect, arrêté le long du trottoir. D’autres tentent de négocier avec les policiers pour récupérer un scooter ou une voiture garés un peu plus loin.

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    Pendant ce temps, la police scientifique investit les lieux. Ils inspectent minutieusement l’utilitaire tandis que le service de déminage les rejoint. « Visiblement il y aurait des colis dans la voiture et ça devrait prendre pas mal de temps de tous les vérifier », glisse un policier à son collègue. En début d’après midi, le dispositif était toujours en place. Un peu plus loin, les nombreux touristes, loin d’être inquiets, s’adonnaient aux joies du soleil en terrasse. La queue pour les navettes maritimes n’a, elle, jamais désempli.