• Il y a trois ans, le club de Marseille a failli disparaître
  • Il vient d'enchainer deux montées consécutives et jouera en première division l'an prochain

Des coaches hébétés, mains sur la tête, regard dans le vide. Des joueurs au bord des larmes, grands gaillards effondrés sur la pelouse du Stade-Delort, ou, c’est au choix, passant leurs nerfs sur des bouteilles d’eau, à grands coups de pied. Nul besoin de connaître à la perfection les nuances tactiques du football américain pour piger que la défaite est amère pour les Blue Stars de Marseille.

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« On arrête de pleurer, y avait dégun en deuxième mi-temps ! »

Ils ont mené quasiment toute leur finale de deuxième division, face aux Molosses d’Asnières, avant de s’effondrer en deuxième mi-temps, jusqu’à ce touchdown fatal, à la dernière minute du match. « Suspense à l’américaine », commente un des 500 spectateurs. On confirme : battus sur le fil 26-25, les Marseillais subissent une défaite cruelle, mais pas illogique.

« On arrête de pleurer là, y avait dégun en deuxième mi-temps, elle est méritée, cette défaite », tonne un cadre du vestiaire. « Vous pensez que ce sera facile en élite l’an prochain ? Ce sera ça tous les week-ends ! » poursuit un second.

Au bord du dépôt de bilan

C’est effectivement ce qu’il faut retenir : les Blue Stars de Marseille loupent le titre de D2 mais ils accèdent bien à la première division. Leur deuxième montée consécutive, après plusieurs années à végéter en D3. Les Blue Stars ont même failli tomber plus bas : « quand on a repris le club, il était au bord de la faillite », se souvient Julien Toth, ex-président et désormais speaker pour les grands événements. Il est interrompu par l’arbitre, qui lui donne une accolade, un compliment et un pronostic : « Vous avez fait une saison incroyable, vous allez marcher sur tout le monde en D1 ! »

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On n’en est pas là, mais l’histoire est belle : « Il y a trois ans, leur président n’avait plus le droit d’exercer, après des problèmes de licences et de gestion. Ils enchaînaient les forfaits, reprend Sacha Prein, président de la Ligue Paca. Du coup ils ont mis le paquet sur la formation et ont développé un gros esprit de club. Ça joue aussi dans leur réussite actuelle ». Et tant pis si la jeunesse fait quelques erreurs : « On a fait beaucoup de mauvais choix dans cette finale, analyse le coach Bavuong Souphanthavong… C’est un problème de mental ! Ce genre de défaite nous fera grandir ! »