VIDEO. Résultats législatives: Les inconnues de La République en marche vont-elles éliminer les ténors marseillais?

LEGISLATIVES De grandes figures de la politique marseillaise se retrouvent fragilisées par la vague Macron pour ces législatives…

Mathilde Ceilles

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Une affiche d'Emmanuel Macron lors de la campagne des législatives de 2017.

Une affiche d'Emmanuel Macron lors de la campagne des législatives de 2017. — Jean-Sébastien Evrard/ AFP

  • Plusieurs novices de la politique investis par LREM se retrouvent qualifiés au second tour dans les Bouches-du-Rhône;
  • Certains même sont parvenus à éliminer ou affaiblir les personnalités locales implantées depuis longtemps à Marseille;

Issues de la société civile, elles vivent leur première campagne législative en tant que candidate, et ont fait face à des figures de la politique marseillaise. Certains de ces hommes politiques ont même été éliminés dès le premier tour par ces candidates, emportés par la vague de La République en marche. Qui sont ces inconnues qui vont peut-être recomposer le paysage politique de la cité phocéenne ?

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Cathy Racon-Bouzon, de Ricard à l’élimination du dauphin de Gaudin. Coup de théâtre dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône : le candidat Les Républicains Yves Moraine, dauphin putatif de Jean-Claude Gaudin, ne passe même pas la barrière du premier tour, à 43 voix seulement (!) de la seconde place, occupée par le candidat de La France insoumise, Hendrik Davi (18,98 % des voix). Loin devant, avec 29 % des voix, se trouve une novice de la politique investie par La République en marche, Cathy Racon-Bouzon. Cette Marseillaise de 40 ans, diplômée d’une école de commerce, a notamment fait sa carrière chez Pernod Ricard avant de créer son entreprise, puis de devenir directrice de la communication de la marque marseillaise de jeans Kaporal.

La candidate le reconnaît : elle se préparait à un match contre Yves Moraine qui « a battu le pavé pendant 18 mois dans la circonscription », alors que la députée sortante socialiste et ancienne ministre Marie-Arlette Carlotti a jeté l’éponge avant le scrutin. L’un des enjeux a été de se faire connaître dans un secteur où d’autres candidats se revendiquaient eux aussi de la majorité présidentielle. Pour « se faire connaître », Cathy Racon-Bouzon a eu recours à un outil : la Cathy mobile. Bien qu’ayant « une sensibilité de gauche », prônant notamment la justice sociale, Cathy Racon-Bouzon espère, entre autres, convaincre les électeurs des Républicains. « Le programme de Macron d’un point de vue économique, comme la suppression du RSI, peut parfaitement convenir à l’électorat d’Yves Moraine. »

Alexandra Louis, l’avocate qui défie Stéphane Ravier sur ses terres. Investie parmi les derniers dans les Bouches-du-Rhône, Alexandra Louis a dû composer avec cette courte campagne pour se faire un nom entre les deux figures médiatiques de la troisième circonscription des Bouches-du-Rhône que sont le maire frontiste de secteur Stéphane Ravier, mais aussi l’ancienne porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Sarah Soilihi. Cette avocate de 33 ans qui n’habite pas le secteur a tout de même demandé à être investie dans ces quartiers Nord. « J’ai décroché mon premier CDI au centre social du quartier de la Rose, où j’ai également des engagements associatifs », explique-t-elle.

Après avoir recueilli 24,89 % des suffrages, devant Sarah Soilihi mais derrière Stéphane Ravier, Alexandra Louis aimerait « changer la vision de la politique à Marseille ». Et d’ajouter : « On ne fait pas de promesses. Les gens viennent nous voir pour des problèmes de logement, on ne peut pas leur promettre qu’on leur en donnera, on peut simplement dire qu’on peut changer les règles, notamment en matière de transparence dans l’attribution des logements sociaux. » Pour rappel, la députée sortante Sylvie Andrieux avait été condamnée pour avoir distribué entre 2005 et 2008 environ 700.000 euros de subventions à des associations fictives censées œuvrer à la réhabilitation des quartiers populaires. Les fonds versés servaient en fait à assurer un train de vie confortable aux dirigeants de ces coquilles vides. En retour, ces derniers devaient aider Sylvie Andrieux, alors conseillère régionale, à se faire élire.

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Claire Pitollat, l’ingénieure qui met en difficulté le député sortant Dominique Tian. Il est élu député Les Républicains dans cette 2e circonscription des Bouches-du-Rhône depuis 2002. Egalement premier adjoint à la ville de Marseille, Dominique Tian se retrouve en position délicate dans sa circonscription. A l’issue du premier tour, avec 25,22 %, il termine largement distancé par sa concurrente de La République en marche, Claire Pitollat (36,49 %). Diplômée en aéronautique, cette ingénieure marseillaise de 37 ans travaille dans le secteur énergétique. Elle s’est notamment un temps exilée en Norvège à une « période pas très facile en France pour trouver du boulot ». Face à un homme politique de longue date, Claire Pitollat ne voit pas son inexpérience comme un handicap. « J’ai changé cinq fois de boulot, et comme à chaque fois que je prends de nouvelles fonctions, je ferai en sorte d’être rapidement opérationnelle. »

 

Jibrayel éliminé, Boyer en ballotage

Dans la septième circonscription, le député sortant Henri Jibrayel a été éliminé par le candidat de La République En Marche Saïd Ahmada, ancien militant Modem et conseiller communautaire, et la candidate FN Sophie Grech, arrivée en tête. Dans la première circonscription, c'est l'ancienne porte-parole de Fraçois Fillon et députée sortante Valérie Boyer qui se retrouve qualifiée derrière Pascal Chamassian, candidat LREM un temps conseiller municipal dans le groupe PS-PRG-Modem entre 2008 et 2014.