Marseille: Parents et professeurs réclament le retour à la semaine de 4 jours au lieu d'une «réforme qui ne sert à rien»

EDUCATION Le ministre de l'Education nationale présente ce jeudi un décret concernant la réforme des rythmes scolaires... 

Mathilde Ceilles

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La réforme des rythmes scolaires peine à s'appliquer à Marseille

La réforme des rythmes scolaires peine à s'appliquer à Marseille — P.Magnien / 20 Minutes

  • Le ministre de l'Education nationale a ouvert la porte à un retour à la semaine de quatre jours.
  • A Marseille, après une mise en place chaotique, parents et enseignants se plaignent de cette réforme.
  • Selon la municipalité, le retour à l'ancien système se fera en septembre 2018.

A la sortie des classes, mercredi midi, devant cette école du sixième arrondissement de Marseille, les parents d’éleve sont presque tous unanimes. « Cette réforme des rythmes scolaires, c’est horrible, une vraie galère, s’emporte Edith, dont la petite fille est en CE1. Je dois partir plus tôt du boulot, aller la chercher. Mon compagnon travaille à Salon-de-Provence, il ne peut pas me dépanner. Et des mamans comme moi, on est plein ! »

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Ce jeudi, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer soumettra au conseil supérieur de l’Education un projet de décret visant à modifier l’organisation du rythme hebdomadaire dans les écoles. Selon une information du Monde, qui a pu consulter le document, ce décret ouvre la voie à un retour à la semaine à quatre jours. A une condition : « s’il y a un consensus entre les conseils d’école et les communes, ils font une proposition, et l’inspecteur d’académie, donc le représentant de l’Éducation nationale, donne, ou pas, son feu vert », a déclaré le ministre sur Europe 1.

Des parents mécontents

Une mesure qui soulage à Marseille, où la réforme des rythmes scolaires a été appliquée à marche forcée par une municipalité clairement réticente, le tout ponctué d’une série de polémiques et de couacs. Après quelques mois d’application, les critiques sont nombreuses.

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« J’ai une copine danseuse, je suis moi-même comédienne, explique Maud, maman de deux enfants. Dans son école, ma fille en CM1 aime beaucoup ce qu’ils font, mais dans celle de mon fils de 5 ans et demi, il déteste. Il faudrait un vrai investissement pour faire appel à de vrais professionnels pour encadrer ces activités. Là, ce sont des jeunes qui ont à peine le Bafa et qui hurlent pour obtenir quelque chose. » « Je préférais largement la semaine à 4 jours, poursuit Yasmine, maman d’une petite fille de 6 ans et demi. Ça a été fait à la hâte. Et puis, avant, les enfants avaient une journée entière pour se reposer. Là, ils sont plus fatigués. »

« Mais qu’est-ce qu’on met à la place ? »

« Il y a un vrai constat d’échec, alors que moi, au début, j’y croyais, regrette Séverine Gil, présidente du mouvement départemental des parents d’élève MPE13. Ça n’a servi à rien. Tout ça pour ça. Ça a coûté 28 millions d’euros, le rapport qualité prix n’y est pas ! ». Pour autant, Séverine Gil se veut prudente. « La fin annoncée de ce système est un soulagement, mais qu’est-ce qu’on met à la place ?, interroge-t-elle. On parlait aménagement des rythmes scolaires, et là on reviendrait en arrière. On n’a pas avancé sur cette question, et quatre jours pour un enfant, c’est dense. »

Même son de cloche chez les enseignants. « Le ras-le-bol des collègues est unanime, affirme Corinne Vialle, directrice d’école marseillaise et syndicaliste au sein du SNUipp-13. Ils ne veulent plus de cette organisation, mais on ne souhaite pas non plus revenir au statu quo précédent, avec des suppressions de postes. Et pour le moment, on est dans le brouillard. Il faut arrêter les effets d’annonce et analyser ce qui a été fait. »

Un changement en 2018

Du côté de la mairie, on guettait un signe d’en haut pour tourner définitivement la page de cette réforme. « Le maire avait écrit aux ministres il y a quelques semaines pour demander un éclaircissement, affirme l’adjointe au maire déléguée aux écoles maternelles et élémentaires Danielle Casanova. On attendait impatiemment un nouveau décret pour revenir à la semaine à 4 jours, d’abord pour écouter les parents, mais aussi parce qu’on a toujours dit qu’on était contre cette réforme ».

Mais selon l’élue, le décret a tardé à revenir, rendant impossible un changement de braquet dès la rentrée 2017. « Les inscriptions aux Tap ont lieu le 15 juin. Et puis, on a passé un contrat via les marchés publics, mais aussi moral avec les 3.000 jeunes recrutés. On les abandonnerait d’un seul coup et ils retourneraient au chômage. ». Mais Danielle Casanova l’assure : son souhait est de voir Marseille repasser à la semaine à 4 jours dès septembre 2018.