Top 14: C'est lui, l'homme du hold-up du RC Toulon! Le minot Anthony Belleau n'en revient pas

RUGBY Cette demi-finale Stade Rochelais-RC Toulon (15-18) remportée aux forceps par les Varois n'était pas un beau match de rugby. Mais elle cache quand même une très belle histoire...

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Voilà comme ça vous l'aurez dans la tête deux bonnes heures.

Voilà comme ça vous l'aurez dans la tête deux bonnes heures. — Photo : F. Pennant / AFP (Paint de sale: 20 Minutes)

  • Anthony Belleau n'a été titulaire que trois fois cette saison.
  • Il envoie son équipe en finale du Top 14 au Stade de France.

C’est le genre de destin qui laisse rêveur. Anthony Belleau, trois titularisations cette saison, 21 ans, qui qualifie le RC Toulon pour la finale du Top 14 grâce à un drop à la 81e minute. Un coup de pied décisif dans un match fermé de chez fermé (18-15) face à des Rochelais réduits à 14.

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Sans trembler, le jeune espoir a pris ses responsabilités : il voyait ses avants faire le boulot, après une touche qu’il avait parfaitement trouvée. Il était en place, en face des perches et quémandait le ballon. Quand enfin, Sébastien Tillous-Borde s’est décidé à le lui donner… Anthony Belleau a écarquillé les yeux :

« J’avais l’impression d’être à 50 mètres de perches ! Beaucoup de choses me sont passées par la tête et en même temps, ça va très vite ! »

Le coup de pied n’était pas compliqué : ça passe entre les perches et juste derrière, le virage sud, à 90 % Rouge et Noir, explose. Belleau lève les bras, voit ses coéquipiers fondre sur lui… Et reste un peu béat. Une bonne demi-heure plus tard, en zone mixte, il n’avait toujours « pas réalisé », avouant que son téléphone était « bouillant » : « Je ne l’ai jamais vu comme ça ! » Avait-il rêvé d’un tel dénouement ? « On en rêve oui… Mais ça ne se réalise pas souvent, en général ! »

Un peu bousculé par les multiples sollicitations médiatiques, l’ouvreur toulonnais a joué la carte de la modestie, et a beaucoup remercié « les anciens », et notamment Wilkinson, qui l’ont aidé à préparer ce match.

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On le sent, il ne veut surtout pas s’emballer. Un collègue lui demande : « Comment allez-vous gérer la folie médiatique qui vous attend ? » Plein de fraîcheur, le minot répond cash : « Je ne vais pas vous écouter, pas vous regarder, pas vous lire ! Ce serait un piège de lire tout ce qui se dit, ce qui se dit de bien ! »

Boudjellal veut garder « Jonny Belleau »

Après une saison où il a si peu joué (trois titularisations, on le répète, dont une prestation de son propre aveu « catastrophique » à La Rochelle), Belleau ne veut pas se voir plus beau qu’il n’est. D’ailleurs, ce vendredi soir au Vélodrome, il n’a non plus fait un match exceptionnel.

Sa prestation pleine de sang froid a tout de même été saluée par son entraîneur, Richard Cockerill (« Il a été énorme »), par son capitaine, Guilhem Guirado (« Mention spéciale pour lui ») et par son président, Mourad Boudjellal (« Je ne savais pas qu’on avait Jonny Belleau »). Dans l’euphorie de la qualification pour la finale, Mourad a d’ailleurs assuré que, finalement, le jeune ouvreur ne serait pas prêté à Agen la saison prochaine.

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Et le concerné, qu’est-ce qu’il en pense ? Il a de nouveau botté… Mais en touche, cette fois : « Ah, question piège ! Je suis Toulonnais jusqu’au 4 juin ! »